vendredi 12 octobre 2012

Marzouki reçoit El Béji et cherche à rebondir


Honni par Ennahdha le leader de la Troïka qui cherche par tous les moyens à l'exclure du jeu politique, Béji Caïd Essebsi, le chef de Nidaa Tounes, a trouvé grâce auprès d'un personnage inattendu, qui plus est, est l'un des partenaires de cette même Troïka. Le président de la République provisoire Moncef Marzouki accueille BCE à bras ouverts au palais de Carthage. Pourtant, le CPR, le parti du président, refuse tout dialogue avec Nidaa Tounes qu'il accuse d'être une machine à recycler les rcdistes. On n'est pas à une contradiction près. Telle est la politique tunisienne à l'ère de la Troïka.
BCE n'est pas la seule personnalité politique reçue par le président provisoire. Ce dernier voit défiler depuis quelques jours au palais pratiquement tous les représentants du spectre politique y compris d'énigmatiques chefs religieux tel que le "Cheikh" Khémais Mejri qui se réclame ouvertement d'Al Qaïda.
Les initiatives se succèdent, mais ne se ressemblent pas
La conjoncture politique actuelle voit depuis quelque temps l'émergence de plusieurs initiatives qui prétendent sortir le pays de la crise politique et institutionnelle. Les divergences de fond sont nombreuses, sur certains thèmes fondamentaux de la constitution (régime politique, place des libertés, notion de citoyenneté) et la genèse des institutions clés de la deuxième phase de la transition démocratique (instance indépendante des élections, instance indépendante des médias). Le tout en l'absence d'une feuille de route claire et réaliste sur les étapes ultérieures qui conduiront le pays vers les prochaines échéances électorales.
L'initiative conjointe d'El Massar et du Joumhouri - à laquelle avait pourtant adhéré Ennahdha - ayant fait long feu. C'est autour de la proposition de l'UGTT d'être relancée, soutenue aussi par Ennahdha. Mais voilà que la Troïka fait table rase de ces engagements et surprend tout le monde en annonçant sa propre feuille de route prévue pour le 18 octobre prochain.
Marzouki veut avoir la main
Moncef Marzouki ne pouvait pas rester en dehors de cette dynamique politique au risque de s'isoler et d'être oublié. Derrière sa démarche, on entrevoit une tentative de retour sur la scène politique. En recevant la majorité des acteurs politiques et religieux, Marzouki, dans une posture de "président de tous les Tunisiens", se pose en rassembleur en transcendant les différences politiques et les clivages idéologiques. Il envoie un message clair à ses partenaires de la Troïka signifiant que la recherche de consensus ne pourra pas se faire sans lui.
Le président provisoire ne perd pas de vue également le fait que les présidentielles approchent. Prévue pour mars 2013 selon le calendrier que compte soumettre la Troïka, cette échéance est vitale pour Marzouki. Sa survie politique en dépend. Il ne peut donc pas rater l'occasion de tenter de survoler la mêlée pour apparaître aux yeux des Tunisiens comme le principal candidat au sauvetage du pays.
Webdo, le 12 octobre 2012

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