mercredi 31 octobre 2012

Ennahdha était au courant de l’attaque de l’ambassade américaine et a laissé faire

Le magazine français Marianne lance de graves accusations contre Ennahdha, le parti qui tient les rênes du pouvoir en Tunisie. Dans son édition du 22 au 28 septembre dernier un article, curieusement passé inaperçu dans les médias tunisiens, relate dans le détail les circonstances dans lesquelles a été prise la décision d'attaquer l'ambassade des Etats-Unis à Tunis, le 14 septembre dernier. L'article montre clairement qu'Ennahdha était au courant de cette décision et qu'elle a laissé les salafistes du mouvement Ansar Ach' Chariâa, sorte de représentation d'Al Qaida en Tunisie, attaquer l'ambassade la plus importante dans notre pays.
Le journaliste de Marianne, Malik Ait-Aoudia, raconte avec force détails les péripéties de la réunion secrète qui a eu lieu entre les "composantes de l'islamisme tunisien" la veille de l'attaque de l'ambassade américaine pour décider d'une "réponse coordonnée" à apporter au film Innocence des musulmans jugé blasphématoire à l'endroit du prophète Mohamed.
Jeudi 13 septembre 2012 vers 13h30, cette réunion, "sécurisée par des djihadistes" a regroupé aussi bien des salafistes djihadistes que piétistes et a connu également la présence de deux représentants "envoyés par Ennahdha" selon Marianne. Le magazine français affirme que c'est Abou Yadh lui-même - le leader d'Ansar Ach' Chariâa - qui a pris la décision d'"appeler les musulmans à attaquer, pour la détruire" l'ambassade américaine. Décision à laquelle les membres d'Ennahdha ne se sont pas opposés pour préserver "l'unité islamiste" et "ne pas apparaître comme 'les valets de la mécréance américano-sioniste'".
A la fin de la réunion vers 17H30, raconte le magazine Marianne, les représentants d'Ennahdha informent les instances de leur parti de l'"accord". En particulier Hamadi Jebali, chef du gouvernement provisoire, et Ali Lâarayadh, son ministre de l'intérieur. Mais "Le gouvernement ne bouge pas". "Il sait que l'ambassade américaine va être attaquée, mais il choisit de regarder ailleurs", dixit Marianne.
Le magazine français revient également sur l'aide apportée par la police pour protéger la manifestation des islamistes qui a abouti à l'attaque de l'ambassade américaine. De l'aveu même de Marwan Jedda, l'un des participants à l'attaque, dont les propos ont été repris par Marianne, "les forces de l'ordre cautionnaient la manifestation et nous ont même indiqué le chemin vers l'ambassade des Etats-Unis".
Les révélations de Marianne permettent finalement de comprendre l'attitude passive de la police tunisienne le jour de l'attaque de l'ambassade. Non seulement les forces de l'ordre n'ont pas sécurisé le bâtiment mais ils ont aussi très mollement répondu à l'assaut des salafistes. Preuve de l'absence de coordination, voire même de directives de la part du QG des opérations au ministère de l'intérieur. Cela confirme également le caractère décisif de l'intervention des éléments de la garde présidentielle, réclamée d'urgence par Hillary Clinton, pour repousser les assaillants vers l'extérieur.
Ennahdha a sciemment compromis la sécurité et les intérêts du pays pour protéger l'unité de la mouvance islamiste. Preuve, s'il en est, que l'allégeance sans réserve de ses dirigeants à l'idéologie islamiste s'est substituée à la loyauté qu'ils doivent à la Tunisie.
Crédit photo : thalasolidaire
Webdo, le 31 octobre 2012

lundi 29 octobre 2012

« L’économie tunisienne est en danger et a besoin de réformes urgentes »


L'économiste Hachemi Alaya nous livre ici une analyse sans concessions de l'économie tunisienne. Parfois loin du politiquement correct. Entretien.
La situation économique actuelle est-elle préoccupante ?
Elle est plus que préoccupante. Le pays traverse un crise économique grave. Mais cette crise ne date pas d'aujourd'hui et remonte au milieu des années 2000. Et elle est responsable, dans une large mesure, de la chute du régime de Ben Ali. La "révolution" n'a pas provoqué cette crise mais a été un révélateur de son ampleur et des déficiences structurelles de notre appareil économique.
Dans cette crise, les fondamentaux de l'économie tunisienne sont-ils touchés ?
Bien évidemment, les équilibres macroéconomiques sont gravement affectés. Le déficit budgétaire est estimé à 7% du PIB en 2012 par le FMI soit un pourcentage bien plus élevé que celui programmé par la loi de finance complémentaire. Le déficit des échanges extérieurs est de 9% du PIB. L'inflation en septembre a été de 8%. Et les produits alimentaires qui représentent plus de 50% de la consommation des ménages modestes et pauvres, ont augmenté de plus de 15%.
Cette dégradation est-elle conjoncturelle ou structurelle ?
La crise n'est qu'en partie conjoncturelle. La conjoncture actuelle est marquée par la grave récession des économies européennes pour lesquelles tourne l'essentiel de notre appareil productif. D'où le recul de nos exportations et les licenciements subis essentiellement par nos entreprises exportatrices. La conjoncture liée à l'augmentation des cours mondiaux des matières premières premières a lourdement pesé sur nos importations puisque notre pays importe l'essentiel des matières premières que nous consommons (céréales, carburant...). Mais fondamentalement la crise économique actuelle est structurelle.
Un gouvernement de technocrates aurait-il réussi à amortir le choc de la crise économique ?
Il ne faut pas tomber dans le piège de cette dualité gouvernement de technocrates/gouvernement politique. Indépendamment de sa couleur politique, un gouvernement conscient des problèmes qu'affronte le pays aurait engagé des  réformes structurelles profondes pour réduire notre dépendance des marchés extérieurs et des importations et mettre l'économie tunisienne sur un nouveau palier de croissance. Les grandes réformes concernent l'école, le système financier, l'appareil bureaucratique, l'appareil judiciaire... Elles ont pour but d'assainir le climat des affaires et d'introduire réellement de la bonne gouvernance à tous les niveaux : politiques, économique et administratif.
Mais cela était-il possible à mettre en oeuvre dans une période transitoire ?
Bien évidemment ! L'Italie est déjà en train de le faire sous un gouvernement de technocrates, appelé à intervenir pour un temps limité. Et qui plus est n'a aucune légitimité politique.  En six mois le gouvernement de Monti a engagé plus de réformes que n'importe quel autre gouvernement italien en plus de 10-20 ans. En Espagne, le gouvernement de Rajoy s'est attelé à réformer l'Espagne en trois mois malgré la gravité de la crise là-bas. Et les exemples montrent qu'indépendamment de toute considération politique, lors d'une crise grave, un gouvernement responsable qui pointe du doigt les vrais problèmes et s'emploie à les résoudre est un gouvernement capable de faire beaucoup de choses. Indépendamment de l'action de l'assemblée nationale constituante, un gouvernement de gens responsables connaissant leurs dossiers, conscients les vrais défis du pays aurait pu s'atteler à ces réformes. L'école, l'hôpital, l'entreprise, la banque... auraient pu être réformés.
Pensez-vous que l'endettement actuel de la Tunisie est alarmant ?
L'endettement extérieur est autour de 50% du PIB. Comparé à celui de la France, de l'Italie ou de l'Espagne, on en est loin. Mais 50% du PIB tunisien c'est beaucoup plus inquiétant que les 140% du PIB japonais car la dette japonaise est financée par l'épargne nationale japonaise alors que la dette tunisienne l'est par des capitaux étrangers. Dans l'absolu, la Tunisie a encore une bonne marge d'endettement à condition qu'il soit mis au service d'une politique structurelle sérieuse visant à relancer la croissance, l'activité économique et la création de richesses. Dans ce cas, notre endettement devient justifié et légitime car les richesses qu'il engendrera permettront de le rembourser.
Quels sont les problèmes structurels de l'économie tunisienne, surtout après la révolution ?
Au niveau de l'entreprise le problème qui s'est exacerbé après la révolution est celui de la gouvernance. Les rapports de force entre le management et les syndicats ont changé. Sinon, nous connaissons les mêmes problèmes structurels qui s'accumulent depuis une dizaine d'années mais dont on n'a jamais pris sérieusement la mesure. Je cite l'exemple du financement de l'entreprise qui souffre d'un secteur bancaire fragile et malade, incapable de remplir sa mission de financement de l'entreprise dans de bonnes conditions. L'entreprise ne trouve donc pas l'argent nécessaire à un coût acceptable pour se financer. Un autre problème de fond est la bureaucratie tatillonne. Elle est inefficace et coûte très cher. Selon Doing Business le nombre de procédure et les délais sont effarants pour obtenir un permis de construire, un titre de propriété, régler un litige commercial, obtenir un crédit, embaucher, liquider une entreprise... La bureaucratie tunisienne est paralysante. Alors que la Tunisie était jadis pionnière en matière de rapport administration-entreprise.
Faut-il réformer le pacte social entre patronat et syndicat ?
Je serai plus radical. Le syndicalisme tunisien doit opérer sa révolution. Il pense encore l'entreprise comme un adversaire à combattre auquel il doit constamment arracher des augmentations salariales. Les rapports entre l'entreprise et les syndicats sont basés sur des a priori et des arrières-pensées qui doivent être totalement dépassés. Le syndicat n'est pas conscient de son rôle économique. Les augmentations salariales, bien que justifiées par la hausse des prix, mettent à genoux l'entreprise et compromettent l'emploi et l'investissement. L'action du syndicat va finalement à l'encontre des intérêts des travailleurs eux-mêmes. Le syndicalisme doit être compréhensif des véritables enjeux socio-économiques et connaître les limites de ses revendications pour ne pas compromettre la durabilité de l'entreprise.
Quels sont pour vous les principaux chantiers de réforme de l'économie tunisienne pour faire face aux défis posés par la révolution ?
Il y a des réformes urgentes à initier. Le premier chantier est le système financier qu'il faut réformer profondément pour qu'il soit au service du financement de l'économie. La deuxième réforme d'importance est celle de l'appareil bureaucratique qui doit être entièrement repensé pour réduire les coûts de la bureaucratie supportés par l'entreprise. Dans ce cadre j'inscris la réforme de l'appareil judiciaire -  nécessaire pour avoir un environnement des affaires sain - pour résoudre les litiges à un coup pécuniaire et en temps raisonnable. Ce sont des réformes faciles à mettre à en oeuvre et qui peuvent engendrer des résultats très rapidement. En France par exemple, les socialistes à peine arrivés au pouvoir ont déjà créé leur banque de financement public et le projet de loi réformant le système bancaire français sera prêt avant la fin de l'année. A moyen et à long terme la réforme fondamentale est celle de l'école. La Tunisie a besoin de refonder son école et de recréer son université pour développer la recherche et encourager l'innovation dans une optique entrepreneuriale. Nos jeunes doivent être formés dans un esprit de prise en charge individuelle. Ils doivent abandonner la logique diplôme = emploi salariéet s'assumer eux-même pour être capables de créer leur propre emploi et les richesses économiques. L'Université doit être capable de former des gens qui savent promouvoir des projets nouveaux. Une révolution copernicienne est à faire dès la maternelle jusqu'à l'enseignement supérieur.
Quelles sont les perspectives de l'économie tunisienne ? La Tunisie peut-elle devenir par exemple un pôle d'excellence en technologies de l'information ?
Je ne veux pas être restrictif et me limiter aux IT mais l’autorité politique doit désigner les secteurs stratégiques à investir et l'entreprise privée viendra s'agglutiner autour d'eux. Le budget de relance économique a prévu 4 milliards de DT d'investissements publics (routes, logements sociaux, bâtiments publics, installations sportives). L'Etat aurait dû consacrer cet investissement aux infrastructures numériques qui est la manière la plus sûre d'offrir aux jeunes, ingénieurs et investisseurs étrangers les moyens pour investir dans des activités à forte valeurs ajoutée. Sur un plan stratégique, l'avenir de la Tunisie est fondamentalement du côté des pays de proximité (Algérie et Libye) qui sont notre profondeur stratégique. Or, notre infrastructure des transports date de l'époque coloniale et le réseau est tourné vers le littoral pour exploiter les ressources de l'intérieur et les exporter. Il faut envisager une ligne transversale (chemins de fer, autoroute) qui mette la Tunisie au coeur de cette zone en passant par le centre du pays pour le relier à l’Algérie et à la Libye. Elle permettra d'ouvrir les marchés libyen et algérien sur les régions de l'intérieur pour permettre aux personnes et aux ressources de se déplacer sur cet axe devenu stratégique.
Entretien conduit par Sami Ben Mansour
Crédit photo : Tuniscope
Webdo, le 29 octobre 2012

samedi 20 octobre 2012

Le journal est-il mort ?

Une nouvelle tonitruante est venue cette semaine bouleverser le monde de la presse. Le célèbre magazine américain Newsweek a décidé l'arrêt de son édition papier. Le vénérable magazine vieux de 80 ans a fait une véritable révolution culturelle en étant le premier journal à abandonner définitivement le format papier en 2013 pour passer au 100% numérique sur Internet et les supports mobiles (smartphones, tablettes et liseuses). La démarche audacieuse de Newsweek a surpris les obsevateurs les plus avertis. Elle n'en est pas moins le prélude à une nouvelle ère dans le journalisme.

Les dirigeants de Newsweek expliquent leur décision par la chute de 51% de la diffusion du titre depuis 5 ans et les conditions difficiles du marché publicitaire dans la presse écrite (1). Mais les difficultés économiques du journal ne sont pas les seules raisons de ce virage stratégique à 360°. Car Newsweek accompagne une mutation du comportement du lectorat qui abandonne progressivement le support papier pour aller vers les multiples écrans numériques. En effet, rien qu'aux Etats-Unis, ils seront 70 millions d'américains à utiliser des tablettes d'ici la fin de l'année et 39% de la population choisit déjà le web pour s'informer.

Les difficultés de la presse papier ne datent pas d'hier. Qu'elle soit nord-américaine ou européenne, la presse papier vit depuis plusieurs années une crise chronique due à la baisse de son lectorat et de ses recettes publicitaires. Les changements de formule et de format et les multiples opérations de rachat n'ont pas réussi à dynamiser le secteur. Car le lectorat a changé. Il lit autrement et il lit ailleurs. Entraînant avec lui les investissements publicitaires qui ont migré vers les supports numériques.

Pour tenter de rebondir la presse écrite a tenté de surfer sur la vague Internet dans les années 2000. La plupart des journaux ont lancé leur édition électronique, très souvent gratuite, en accompagnement de la version papier qui est restée l'édition de référence. Cela leur permettait de conquérir un nouveau marché et d'attirer de nouveaux investissements publicitaires tout en consolidant leur présence sur leur marché traditionnel. Mais la rude concurrence qui s'est installée dans le numérique et l'émergence de nouvelles formes de journalisme (blogs, réseaux sociaux...) ont érodé leur lectorat. Les éditeurs étaient donc contraints de trouver de nouvelles formules éditoriales mais également de nouveaux modèles économiques (2, 3) pour survivre dans le monde numérique.

Une autre révolution technique a accéléré l'érosion de la presse papier. L'arrivée des tablettes - à leur tête l'iPad - ont inauguré des comportements inédits chez le lectorat, déjà habitué aux liseuses de type Kindle, commercialisé par Amazon, le plus grand vendeur de livres numériques au monde. Au lancement de l'iPad, Steve Jobs, le patron d'Apple, avait déjà prédit le passage au tout numérique dans la presse écrite et s'était empressé de conclure des accords de diffusion du contenu journalistique pour tenter de fonder un nouveau modèle économique basé sur sa tablette.

Newsweek risque d'être suivi par d'autres grands noms de la presse mondiale. Cela signifie-t-il pour autant la disparition du journal papier d'ici quelques années ?

Tunis-Hebdo, le 20 octobre 2012

(1) Newsweek arrête son édition papier le 31 décembre et devient tout-numérique, La Tribune (http://www.latribune.fr/technos-medias/medias/20121018trib000725756/-newsweek-arrete-son-edition-papier-le-31-decembre-et-devient-tout-numerique.html)
(2) "La course au modèle gagnat", Courrier International (http://www.courrierinternational.com/article/2011/09/29/la-course-au-modele-gagnant)
(3) "Tendances, difficultés, crises de la presse écrite", Acrimed.org (http://www.acrimed.org/rubrique432.html)

mardi 16 octobre 2012

Le directeur d’Assabah remplacé cette semaine ?

Selon Wassim Ben Larbi, le journaliste vedette de la radio économique Express FM, Lotfi Touati le directeur d'Assabah sera remplacé au cours de cette semaine.

Abordant le thème des médias avec Maya Jribi (secrétaire générale d'Al Joumhouri) pendant la couverture en direct du palais des congrès de l'initiative de l'UGTT, W. Ben Larbi a déclaré, "selon les informations dont il dispose", que M. Touati sera remplacé.
Son successeur n'est pas encore connu. Mais toujours selon le journaliste, une liste de candidats à son remplacement existe déjà.
Avec le départ de Touati, l'affaire d'Assabah se dirigerait vers un dénouement heureux. Son directeur étant considéré par les journalistes comme étant le principal obstacle à une sortie de la crise que connait le journal depuis des semaines.
Crédit photo : Slate Afrique
Webdo, le 16 octobre 2012

Hamadi Jebali veut sa télé


Le gouvernement s'apprêterait à lancer sa propre chaîne de télévision. Cette information pour le moins surprenante est rapportée par la page Facebook des "Jeunes d'Ennahdha à Béjà".
Selon cette page affiliée au principal parti du pouvoir, Jamal Tahar, l'un des conseillers de Hamadi Jebali le chef du gouvernement, annonce que ce dernier lancera prochainement une chaîne d'informations "privée". Cette chaîne qui s'appellera "El Kasba Moubacher" (El Kasba en direct) est en cours de préparation depuis quelque temps.
Cette chaîne sera "spécialisée dans la couverture de l'action du gouvernement" et permettra aux citoyens à "suivre le travail des différentes structures gouvernementales".
Plusieurs membres du gouvernement appartenant à Ennahdha ont déjà stigmatisé "les médias de la honte" qui ne rendent pas compte suffisamment, selon eux, des réalisations de l'exécutif et se limitent à la seule critique de son action. Après ses récentes critiques frontales aux médias nationaux, M. Jebali part à l'aventure avec ce projet de chaîne de télévision. Outre le fait qu'aucun gouvernement dans les démocraties qui se respectent ne dispose de ses propres médias, le chef du gouvernement semble vouloir aller vite avant la mise en place de l'instance de régulation des médias prévue par le décret 116 relatif à la liberté de la communication audiovisuelle institué par le gouvernement Béji Caïd Essebsi et que la Troïka promet de relancer dans sa dernière initiative du 15 octobre.
Webdo, le 16 octobre 2012

Mercredi 17 octobre : silence médias pour une presse libre et organisée


Les médias nationaux observeront une grève inédite, ce mercredi 17 octobre. La première dans l'histoire du pays.
Lancée à l'initiative du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), seule structure syndicale professionnelle indépendante, la grève exige la levée de la mainmise du gouvernement sur les médias et l'application des décrets 115 et116 organisant la liberté de la presse et instituant une instance indépendante de l'audiovisuel.
La grève a été décidée par le SNJT suite au blocage des négociations avec le gouvernement après de multiples rencontres restées sans suite. Le syndicat demande l'application effective des décrets 115 et 116 datant du gouvernement Béji Caid Essebsi. Bien que comportant certaines dispositions contestées par les journalistes et leur syndicat, ces décrets rompent radicalement avec l'ancien code de la presse taillé sur mesure par Ben Ali pour museler les médias et criminaliser les journalistes.
La crise du journal privé Assabah et les désignations unilatérales par le gouvernements des principaux responsables des médias publics ont accentué le ressentiment des journalistes et contraint leur syndicat à recourir à l'arme ultime de la grève.
Le journal Assabah connait depuis quelques semaines une crise aiguë et ses journalistes sont en grève de la faim après plusieurs sit in pour exiger le départ de leur directeur Lotfi Touati, un ancien policier reconverti dans le journalisme qui a été utilisé par le régime de Ben Ali pour participer en 2009 au sabotage du congrès de l'Association des journalistes tunisiens, ancêtre du SNJT. M. Touati a été désigné par le gouvernement, devenu propriétaire d'Assabah après la confiscation des parts majoritaires du genre de l'ancien président qui avait contraint les propriétaires historiques à lui céder leurs actions dans le journal.
Les désignations dans le secteur public des médias de responsables proches de l'ancien régime de Ben Ali ont suscité de vives réactions des journalistes qui ont dénoncé via leur syndicat les tentatives du gouvernement de prendre le contrôle des médias publics pour les assujettir à sa volonté en prévision des prochaines élections prévues dans quelques mois.
Tous les types médias publics et privés sont concernés par la grève. Ils devront suivre les modalités négociées avec leurs responsables par le SNJT. Les médias audiovisuels et radiophoniques assureront un service minimum et consacreront leur antenne à des débats sur la grève des journalistes. Quant aux médias électroniques ils devront afficher une page blanche mentionnant le mot "grève".
Webdo se joint au mouvement de grève du SNJT et cessera son activité pendant la journée de demain.
Crédit photo : Tap
Webdo, le 16 octobre 2012

dimanche 14 octobre 2012

« La lune de miel entre Ennahdha et les américains est finie »


Entretien avec Alaya Allani. Professeur d'histoire contemporaine à l'Université de la Manouba et spécialiste des mouvements islamistes. Il est l'auteur du livre (en arabe) "Les mouvements islamistes dans le monde arabe. La Tunisie comme modèle" , Dar Ennajah, Rabat, 2007.
Les Etats-Unis ont-ils changé d'attitude vis-à-vis d'Ennahdha et des islamistes au pouvoir dans les pays du "printemps arabe" depuis les attaques des ambassades américaines  ?
Les attaques des ambassades et l'assassinat de diplomates ont changé la donne régionale pour les américains. Ceci est particulièrement vrai en Tunisie où Ennahdha a laissé faire pour ne pas se couper d'une grande partie de sa base, plutôt d'obédience salafiste. La confiance des américains a diminué dans les régimes islamistes pour instaurer la démocratie et participer à l'amélioration de l'image des Etats-Unis dans le monde arabe et musulman. Pragmatiques et faisant preuve d'une capacité d'adaptation rapide aux évènements dès lors que leurs intérêts sont en jeu, les américains sont en train de changer d'approche. La lune de miel entre Ennahdha et eux est finie. Et les islamistes ne sont plus leurs interlocuteurs privilégiés dans les pays du "printemps arabe".
Quelle est la posture de Rached Ghannouchi à l'étranger et à l'intérieur du mouvement ?
Le moins que l'on puisse dire est qu'elle est inconfortable. Ghannouchi est en perte de crédibilité à l'étranger. Surtout auprès des américains. En interne, il a toujours la main sur les rouages d'Ennahdha même si les modérés de son parti souhaitent le redimensionnement de son rôle. Mais de manière générale, les leaders d'Ennahdha resteront soudés derrière leur chef à cause de la proximité des élections mais aussi de par la nature du leadership dans les partis islamistes où on porte allégeance au chef indépendamment de la politique du parti.
Ennahdha est-elle toujours capable de gagner les prochaines élections ?
Ennahdha a perdu une partie de son électorat à cause de l'usure du pouvoir. Et ses leaders en sont conscients. C'est ce qui explique leurs attaques systématiques contre Nidaa Tounes dans les médias et le projet de loi en préparation à l'ANC pour exclure ce qu'ils considèrent comme des rcdéistes. L'électorat potentiel d'Ennahda peut être évalué actuellement à 20% du corps électoral du 23 octobre dernier. Et une partie de la classe moyenne qui subit de plein fouet l'absence de politique cohérente (envolée du coût de la vie, chômage galopant, manque ou absence de sécurité) commence à changer d'avis sur le parti islamiste. Egalement à cause de l'aventurisme d'Ennahdha (attaque de l'ambassade américaine) et de l'absence de visibilité sur l'avenir du pays à court et à moyen terme.
Quelles sont les chances de Nidaa Tounes et du front républicain dans ces élections ?
Les politiques défaillantes d'Ennahdha sont en train de renforcer Nidaa Tounes qui gagne en popularité. Notamment grâce aux attaques répétées et de plus en plus nerveuses d'Ennahdha contre le supposé caractère rcdéiste de Nidaa Tounes. Le tout dépendra de la solidité du front républicain et de la capacité des leaders démocrates à mettre de côté leurs égos mais également des conditions matérielles dans lesquelles se dérouleront les élections.
Ennahdha jouera-t-elle la politique du pire en sabotant les élections ?
Une frange - la plus radicale - du mouvement islamiste y songe. Mais ça serait un suicide politique pour Ennahdha. Car les modérés projettent de se transformer à terme en parti conservateur républicain qui accepte les règles du jeu démocratique, capable de participer au pouvoir, voire de gouverner le pays.
Entretien mené par Sami Ben Mansour
Webdo, le 14 octobre 2012

samedi 13 octobre 2012

Cloud Computing : la révolution de l'informatique est dans les nuages


Cloud Computing : la révolution de l'informatique est dans les nuages

Une entreprise tunisienne (1) qui vient de commencer la commercialisation de services "cloud computing", c’est un événement qui n'est pas passé inaperçu dans la presse nationale.

Mais qu'est-ce que le "Cloud Computing" ?

Le Cloud Computing ou "l'informatique dans les nuages" est un terme exotique et plutot ambigu pour la plupart d'entre nous. Pour les initiés, très mobiles avec leur smartphone ou leur tablette, en plus de leur PC portable domestique ou professionnel, le "Cloud" est la technologie rêvée pour disposer de leurs données où qu'ils soient, indépendamment de la machine qu'ils utilisent.

Schématiquement, le cloud computing consiste à stocker toutes sortes de données informatiques quelque part dans les voies impénétrables de l'informatique. Plus précisément dans les nuages ("clouds" en anglais) que sont les serveurs informatiques du prestataire de service qui héberge vos données. Le cloud computing ne se limite pas au dépôt des données, il comprend également la possibilité de les traiter de la manière la plus simple (archivage) vers la plus complexe (traitements statistiques ou mathématiques).

Le concept de cloud computing est né dans les années 2000 lorsque Amazon, le plus grand vendeur de livres électroniques au monde, décide de louer à la demande les surcapacités de ses serveurs disponibles en dehors de la période des fêtes où les achats atteignent leur comble (2).

Le service qui a popularisé le "cloud" est sans doute Google Documents, rebaptisé GDrive depuis quelques mois. Avec GDrive, pour peu que vous ayez une adresse électronique chez Google ou GMail, vous disposez gratuitement d'un espace de stockage en ligne - dans le "nuage" - équivalent à une petite clé USB. Mais ce qui rend ce service encore plus intéressant, c'est la possibilité de le transformer en véritable bureau mobile ! Plus concrètement, où que vous soyez (celà peut être chez vous, dans un cybercafé, au bureau ou chez des amis, à l'aide d'un ordinateur et d'une connexion Internet) vous pouvez faire du traitement de texte, créer des tableurs ou réaliser des présentations, à l'aide d'une suite bureautique performante en ligne à faire pâlir le mythique Microsoft Office. Le tout gratuitement. Les données étant à l'abri sur les serveurs de Google, accessible à tout moment. Plus de risque d'oubli ou de perte.

Tous les grands de l'industrie informatique ont suivi avec leurs services "cloud". IBM, Microsoft avec son SkyDrive (si vous avez une adresse Hotmail, MSN ou Live), Apple avec iCloud (réservé aux possesseurs d'un iPhone ou d'un iPad) et l'étonnant DropBox et son petit cousin Box.

Amazon qui a lancé le phénomène promet en plus du stockage, des services "cloud" dédiés, par exemple, aux chercheurs universitaires pour effectuer les lourds traitements informatiques nécessitant de grosses machines et des logiciels spécialisés coûteux (3). Idéal pour pousser la recherche dans les pays du Sud où l'infrastructure de recherche est rudimentaire quand elle n'est pas absente. Avec le "cloud", nos chercheurs pourront utiliser des machines aussi puissantes que celles de Harvard ou du MIT pour un coût modique, c'est-à-dire seulement quelques centimes d'euros par heure de traitement.

L'irruption du cloud comptuing n'est cependant pas sans poser l'éternel problème de la sécurité des données (4). Pour le moment, la notorié des acteurs majeurs du "cloud" est une certaine forme de garantie pour les gigantesques quantités de données personnelles et professionnelles qui se baladent dans les nuages cybernétiques. Le cloud privé pourrait constituer une alternative sérieuse pour les entreprises soucieuses de la confidentialité de leurs données client. Elles contrôlent de bout en bout leur cloud et définissent elles-même leurs propres règles de sécurité.

Le droit à la privée privée dans le "nuage" est une autre grande préoccupation liée à l'utilisation du "cloud". Du moment où vos données privées sont enregistrées ailleurs que sur le disque dur de votre ordinateur, dans quelle mesure elles peuvent être consultées par des tiers ? Et quelles sont les responsabilités juridiques qui en découlent ? Beaucoup de questions sur lesquelles planchent des experts et des organismes de régulation (5) pour tenter d'élaborer un cadre juridique efficace et cohérent en mesure de réglementer cette nouvelle révolution de l'informatique.

En attendant, le "cloud" prospère avec un marché qui pèsera 100 milliards de dollars en 2012 (6), et gagne rapidement du terrain chez les particuliers et les PME.

Tunis-Hebdo, le 13 octobre 2012

(1) SmartHost ouvre aux entreprises tunisiennes la voie du Cloud Computing. Leaders. (http://www.leaders.com.tn/article/smarthost-ouvre-aux-entreprises-tunisiennes-la-voie-du-cloud-computing?id=9507)

(2) Petite histoire du cloud computing. L'Usine Nouvelle. (http://www.usinenouvelle.com/article/petite-histoire-du-cloud-computing.N173570)

(3) Le cloud computing, l'informatique de demain ? Le Journal du Net. (http://www.journaldunet.com/solutions/systemes-reseaux/analyse/le-cloud-computing-l-informatique-de-demain.shtml)

(4) La sécurité du cloud computing. Cloud Computing Actus. (http://www.cloudcomputingactus.com/securitecloudcomputing/)

(5) Cloud Computing : la Cnil se prononce. Droit et Technologies. (http://www.droit-technologie.org/actuality-1528/cloud-computing-la-cnil-se-prononce.html)

(6) La sécurité du cloud computing, thème central au Cebit 2012. L'Expansion. (http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/la-securite-du-cloud-computing-theme-central-au-cebit-2012_285601.html)

vendredi 12 octobre 2012

Marzouki reçoit El Béji et cherche à rebondir


Honni par Ennahdha le leader de la Troïka qui cherche par tous les moyens à l'exclure du jeu politique, Béji Caïd Essebsi, le chef de Nidaa Tounes, a trouvé grâce auprès d'un personnage inattendu, qui plus est, est l'un des partenaires de cette même Troïka. Le président de la République provisoire Moncef Marzouki accueille BCE à bras ouverts au palais de Carthage. Pourtant, le CPR, le parti du président, refuse tout dialogue avec Nidaa Tounes qu'il accuse d'être une machine à recycler les rcdistes. On n'est pas à une contradiction près. Telle est la politique tunisienne à l'ère de la Troïka.
BCE n'est pas la seule personnalité politique reçue par le président provisoire. Ce dernier voit défiler depuis quelques jours au palais pratiquement tous les représentants du spectre politique y compris d'énigmatiques chefs religieux tel que le "Cheikh" Khémais Mejri qui se réclame ouvertement d'Al Qaïda.
Les initiatives se succèdent, mais ne se ressemblent pas
La conjoncture politique actuelle voit depuis quelque temps l'émergence de plusieurs initiatives qui prétendent sortir le pays de la crise politique et institutionnelle. Les divergences de fond sont nombreuses, sur certains thèmes fondamentaux de la constitution (régime politique, place des libertés, notion de citoyenneté) et la genèse des institutions clés de la deuxième phase de la transition démocratique (instance indépendante des élections, instance indépendante des médias). Le tout en l'absence d'une feuille de route claire et réaliste sur les étapes ultérieures qui conduiront le pays vers les prochaines échéances électorales.
L'initiative conjointe d'El Massar et du Joumhouri - à laquelle avait pourtant adhéré Ennahdha - ayant fait long feu. C'est autour de la proposition de l'UGTT d'être relancée, soutenue aussi par Ennahdha. Mais voilà que la Troïka fait table rase de ces engagements et surprend tout le monde en annonçant sa propre feuille de route prévue pour le 18 octobre prochain.
Marzouki veut avoir la main
Moncef Marzouki ne pouvait pas rester en dehors de cette dynamique politique au risque de s'isoler et d'être oublié. Derrière sa démarche, on entrevoit une tentative de retour sur la scène politique. En recevant la majorité des acteurs politiques et religieux, Marzouki, dans une posture de "président de tous les Tunisiens", se pose en rassembleur en transcendant les différences politiques et les clivages idéologiques. Il envoie un message clair à ses partenaires de la Troïka signifiant que la recherche de consensus ne pourra pas se faire sans lui.
Le président provisoire ne perd pas de vue également le fait que les présidentielles approchent. Prévue pour mars 2013 selon le calendrier que compte soumettre la Troïka, cette échéance est vitale pour Marzouki. Sa survie politique en dépend. Il ne peut donc pas rater l'occasion de tenter de survoler la mêlée pour apparaître aux yeux des Tunisiens comme le principal candidat au sauvetage du pays.
Webdo, le 12 octobre 2012

lundi 8 octobre 2012

La VoIP enfin libérée en Tunisie. Nouveaux services et croissance économique en vue


La voix sur IP (VoIP, Voice over Internet Protocol) est une technologie permettant d’acheminer la voix sur Internet ou des réseaux privés supportant le protocole Internet (IP). Son application immédiate et la plus populaire est la téléphonie sur Internet (ToIP).
Sous le régime de Ben Ali, la VoIP était verrouillée et l’accès y était réservé seulement aux opérateurs télécoms pour permettre à la dictature de contrôler le flux de communications qui y transitent. De même que le lancement de tout service associé à la VoIP était assujetti à une autorisation sélective soumise à un contrôle très strict du sommet de l’État. Ce verrouillage se faisait malgré un discours politique qui vantait la maîtrise des Technologies de l’information (TI) par la Tunisie, élaboré à des fins propagandistes et destinées surtout à une consommation étrangère.
Après la récente décision du ministère des Technologies de l’information et de la communication de libérer la VoIP, l’utilisation de cette technologie n’est plus le domaine exclusif des opérateurs téléphoniques. Les fournisseurs d’accès à Internet (FAI), mais également d’autres opérateurs économiques pourront aussi l’exploiter. On pense immédiatement à la multitude de centres d’appel que compte le pays qui tiennent là un atout concurrentiel leur permettant de diminuer leurscoûts et d’améliorer la qualité de leur service. De quoi booster leur compétitivité surtout dans cette période de crise.
La libération de la VoIP augure de l’explosion du potentiel de cette technologie jusque-là inexploitée en Tunisie. On s’attend donc à une profusion imminente d’offres “double play” (Internet+téléphonie illimitée) et même triple play(Internet+téléphonie illimitée+télévision via Internet). Les boîtiers magiques, les «box», devraient pointer prochainement chez les FAI locaux. A commencer par Orange Tunisie dont l’offre avait été déboutée en 2011 suite à une plainte de Tunisie Télécom. Ces offres promettent d’être agressives quand on sait que les principaux FAI sont adossés aux opérateurs télécoms qui maîtrisent la technologie et le savoir-faire.
La VoIP permettra aussi aux entreprises de réduire considérablement leur facture téléphonique. Particulièrement utile en temps de crise et pour pousser leurs affaires passablement affectées par une économie mal en point. Les services de visioconférence en interne ou avec l’étranger sont aussi appelés à se développer.
L’utilisateur domestique trouvera aussi son compte dans la VoIP qui se traduira par la baisse sensible du coût de la téléphonie locale et internationale qui seront à terme quasi gratuites. On verra également sans doute apparaître les téléphones WiFi qui autorisent les communications sur n’importe quel réseau WiFi. Que vous soyez à Tunis, Bizerte ou Gabès (ou même à l’étranger) et proche d’un réseau WiFi, votre téléphone vous permettra de communiquer à des tarifs très réduits et en gardant toujours le même numéro.
Mais la VoIP représente un défi de taille pour le réseau ADSL de Tunisie Télécom. En effet, pour être fiable, la qualité de la VoIP est sensible à celle du réseau ADSL qui doit comporter le moins d’erreurs possible. Ce qui n’est pas actuellement le cas de l’infrastructure de Tunisie Télécom (propriétaire et responsable de la maintenance du réseau ADSL national) qui souffre encore de nombreux problèmes techniques se traduisant par des lenteurs récurrentes et des coupures aléatoires. Le salut viendra sans doute du réseau en fibre optique en cours de déploiement depuis quelques mois par l’opérateur historique. Mais il n’est pas le seul, puisque Tunisiana et Orange Tunisie sont aussi en train de mettre en place les leurs.
La libération de la VoIP est une petite révolution dans le secteur des télécoms en Tunisie. Une révolution qui a de meilleures chances de réussir que son aînée, politique, désormais au point mort.
Tunis-Hebdo, Webdo, le 08 octobre 2012