mardi 28 avril 2009

A travers la blogosphère #5


La foire du livre de Tunis est un événement culturel majeur dans notre pays. Depuis quelques années elle est devenue un sujet récurrent d'indignation. Les blogueurs ne sont pas en reste.

Alors que Marsaletta s'avoue "apeuré" par "l'invasion extérieure" de "voilées" et de "talibans", Un œil sur la planète se demande si la foire du livre ne s'est pas progressivement transformée en "forum religieux" où les "femmes voilées se couvrant même les mains" côtoient des "hommes (vraiment) barbus". Il s'étonne de cette "invasion du dogme religieux" qui a couvert les stands de la foire de "livres de religion et encore de religion" et s'interroge sur la place qui à été laissée à "la culture francophone (…), anglophone ou même la littérature arabe". Khanouff, quant à lui continue de croire au livre malgré le "débordement (…) de livres jaunes d'une autre époque" sur les "étals, (…), des tréteaux et "à même le sol". Des livres sur "la conduite de la jeune bonne musulmane", des couvertures avec "la fillette de moins de cinq ans voilée"… Le blogueur tient malgré tout à respecter son "engagement" de visiter les "rares éclairés îlots" qui restent et continue de "croire dans le livre", un jeu de mot subtil dont il use pour exprimer sa foi dans la culture.

Ayech mel Marsa tout en tournant en dérision ces "tunisiennes" rencontrées dans les halls de la foire du livre, "gantées" et couvertes de la "tenue totale du ninja saoudien", s'essaye dans sa note à une analyse de ce phénomène en adoptant la posture d'un "observateur (…) critique de la société tunisienne". Le blogueur se demande si cet "engouement des jeunes pour les livres jaunes" n'est pas en réalité un indicateur d'une "crise identitaire profonde". Il définit l'identité comme un "produit  (…) commun" ne relevant d'aucun "nature" donnée mais une "entité en mouvement". Ce "produit culturel" est, en définitive, le reflet de "notre pauvreté et notre vacuité culturelles". Poursuivant son analyse, qui selon lui relève désormais du politique, le blogueur pointe un doigt accusateur vers "la dictature et l'autoritarisme", coupables d'empêcher l'intellectuel de créer et, partant, de participer à la construction d'une identité nouvelle grâce à une nouvelle production culturelle seule voie "intelligente" capable de "contrecarrer la force de l'autorité". Le blogueur appelle enfin à un effort collectif de "construction identitaire", un "devoir de création" pour s'opposer à l'autoritarisme que nous subissons dans "nos familles, notre société et notre Etat", pour que l'idée de "république continue (encore) d'avoir un sens".

Marsoise choisit un angle d'analyse différent pour tenter d'expliquer le succès de la "littérature" religieuse à la foire du livre. La blogueuse évoque d'abord "la loi de l'offre et de la demande" pour expliquer l'offre importante de "livres religieux" chez les "maisons d'édition orientales" tout en s'interrogeant parallèlement sur la faible présence des "maisons d'édition française". Et la blogueuse de stigmatiser immédiatement la politique culturelle de la France à l'endroit de nos pays qui va entraîner son "suicide culturel" en "s'éloignant de plus en plus des pays qui formaient le maillon fort de la francophonie". Elle cite d'abord la disparition de nos écrans des chaînes françaises de télévision "qu'on regardait gratuitement" et qui ont cédé la place à "la concurrence des chaînes du Golfe". Puis elle poursuite en critiquant, pêle-mêle, la "présence insignifiante" des "maisons d'édition françaises à (la) foire du livre", et les "prix exorbitants" des livres qui les rendent "inaccessibles au tunisien moyen" allant même jusqu'à se lamenter que "la collection des livres (…) de la bibliothèque Charles de Gaulles (…) est pratiquement la même depuis longtemps…".

Marsaletta http://marsaletta.blogspot.com
Un œil sur la planète  http://telestlemonde.blogspot.com
Khanouff http://tnkhanouff.hautetfort.com
Marsoise http://marsoise.blogspot.com
Ayech mel Marsa http://3ayechmelmarsa.blogspot.com

* La caricature a été empruntée au blog de Ayech mel Marsa http://3ayechmelmarsa.blogspot.com

Hédi Ben Smail

mercredi 22 avril 2009

A travers la blogosphère #4


L'accident de bus de Mornag a suscité les interrogations indignées de certains blogueurs. Au menu : rumeur et responsabilités.

Errances s'interroge sur la véracité des chiffres des victimes de l'accident avancés par les médias officiels. Le blogueur, convaincu que les dégâts humains étaient plus importants, met en doute ces chiffres dans un pays où "il ne se passe jamais quelque chose". Constatant "une forte perturbation" de la circulation automobile "pendant des heures entières" et remarquant "l’embarras et le débordement" des "agents de la police et de la garde nationale" présents sur les lieux en nombre important, il conclut à "l'atrocité de l'impact du drame" et acquiert la certitude "que ce qui se passe n'avait rien d'ordinaire ni de banal". Les doutes du blogueurs sont relayés dans les commentaires de sa note où les internautes, tour à tour, mettent en évidence une variation du bilan de l'accident selon les médias, avancent des chiffres différents des victimes en s'appuyant sur leurs propres sources ou rappellent que des accidents graves ont déjà eu lieu sans qu'aucun organe de presse n'en parle ! Errances stigmatise l'attitude des médias qui présentent une information univoque dont la source est invariablement l'agence officielle TAP. Sa note pointe du doigt la crédibilité de l'information produite par nos médias qui "à défaut d'information crédible et responsable" favorisent la "rumeur" qui, dans le cas de l'accident de Mornag, a fait dire à certains que "le nombre de morts aurait atteint 86" ou que le bus contenait "plus de 250 passagers" alors qu'il ne peut transporter "plus de 80 personnes".

Kiffe Grave, quant à lui, fait l'inventaire des manquements divers qui ont rendu cet accident "tout à faire prévisible" et s'interroge sur l'identité des responsables de la catastrophe. Pour le blogueur, les responsabilités sont multiples et se situent à différents niveaux. Sont désignés l'état vétuste de certains bus "qui mériteraient d'être jetés à la casse", l'attitude coupable de certains chauffeurs "qui (…) en toute impunité (…) ne respectent ni les horaires, ni le code de la route" et enfin, ceux qui sont censés faire respecter l'ordre en assurant qu'il n'a "jamais vu un bus arrêté par un policier parce que les passagers étaient accrochés aux portes (…), pour ne pas avoir respecté le code de la route" ou "pour excès de vitesse". Le blogueur conclut en demandant "des comptes à la Transtu (…) et aux différents responsables en charge de ces dossiers".

Errances http://je-peux-dire-une-connerie.blogspot.com
Kiffe Grave http://www.kiffegrave.com

La crise a, enfin, eu raison de l'optimisme béat de nos responsables économiques qui viennent de réviser - encore une fois - le sacro-saint taux de croissance économique du pays.

La plume – For a better world rappelle que cette révision est la deuxième consécutive – une première baisse de 6 à 5,1% ayant déjà intervenu à la fin de l'année précédente. La nouvelle révision établit à 4,7% les prévisions de croissance du PIB pour 2009. Le blogueur affiche une prudence de rigueur pour ce taux qui "ne reflète en rien l'évolution probable de la croissance économique tunisienne dans le second semestre de 2009 (…) dans un contexte international morose et une visibilité à court terme très limitée" de la poursuite de la crise "financière et économique internationale." Cette baisse de la croissance se traduira, selon le ministre des finances dont les propos sont rapportés par le blogueur, par "une aggravation du déficit budgétaire" et "une réduction des ressources fiscales" qui sera compensée par la réduction des subventions des prix des hydrocarbures en cas de stabilité des prix actuels. Le blogueur ne manque pas de préciser "la politique de la Tunisie dans (ce) domaine" : "augmentation et pas recul du prix à la pompe". Celui-ci critique la "prise en charge par l'Etat des cotisations patronales pour les entreprises menacées" par la crise. Une mesure, selon lui, qui "vise à aider ouvertement le patronat" alors qu'on oublie d'augmenter les "salaires des travailleurs" pour "booster l'économie grâce à la consommation", une politique qui, selon le blogueur, ne sera jamais appliquée car jugée "trop coûteuse" par le gouvernement. La plume – For a better world constatant que "nos voisins algériens et marocains" connaissent une augmentation de leur croissance économique finit par s'interroger sur l'opportunité de continuer de "miser sur L'Europe", orientation qu'il considère "un frein énorme au potentiel de développement (…) de la Tunisie".

La plume – For a better world http://mehdiladjemi.blogspot.com

Hédi Ben Smail

mardi 14 avril 2009

A travers la blogosphère #3


Des organisateurs désemparés, des fans dépités et un concert finalement annulé. La venue en Tunisie du groupe anglais de metal (hard rock) Anathema n'a pas fait que des déçus, elle a aussi provoqué un gros dégât collatéral inattendu…

Début février, les fans d'Anathema sur la blogosphère se félicitent de la venue du groupe dont la prestation sur la scène de l'Acropolium de Carthage prévue pour le 4 avril est très attendue. Radio Njoy exprime son excitation sur son blog. Il "n'y crois toujours pas!!!!" à l'idée de "les voir en vrai!!!!!". Les fans affluent même de l'intérieur du pays et du Maroc. Mille billets ont été vendus. Le jour du concert, le blog de Mouse Hunter annonce son report au 6 avril à cause d'"une autorisation manquante du ministère de l'intérieur". Le concert est finalement annulé. Pourtant, l'organisateur affirme dans un communiqué de presse repris sur le blog Nothin' but a good time que toutes "les démarches ont été faites comme il se doit" et que "plusieurs réunions de coordinations avec les autorités (…) dont le résultat a été positif" ont été organisées "plusieurs mois à l'avance". Mais les raisons de cette annulation ne seraient pas administratives. L'un des techniciens d'Anathema, qui tient un blog, annonce que le ministère de l'intérieur a été informé que les membres du groupe anglais étaient des "adorateurs de Satan" qui "mangent les chats noirs et boivent leur sang". Pourtant, le blog spécialisé Nightwatcher's House of Rock affirme que les paroles d'Anathema n'ont "jamais fait l'objet de controverse" et que le groupe a même donné des "concerts spéciaux accompagné d'amis du Royal Liverpool Philharmonic Orchestra". Il semble donc que le concert a été victime d'un acte de sabotage. L'histoire ne s'arrête pas là et sa fin est tragi-comique. Le concert annulé d'Anathema devait être accompagné d'un groupe tunisien et du chanteur italien Fabio Lione. Tout ce beau monde a donc dû plier bagage. Mais leurs fans ne seront pas déçus car La Presse, sous la plume de Mourad Bouzidi, a tenu à les consoler en leur livrant un compte-rendu imaginaire de la prestation virtuelle de Fabio Lione ce même 4 avril à l'Acropolium de Carthage. Le "journaliste" n'a rien oublié : l'énoncé détaillé des morceaux chantés pendant ce concert, le "public nombreux (…) ravis de la prestation de cet artiste", allant même jusqu'à rapporter ses déclarations "dans les coulisses, juste après le concert". Les blogueurs ont découvert la supercherie. Nothin' but a good time relate dans son blog cette "prouesse journalistique monumentale" digne d'un "journalisme d'une autre dimension". Nadia from Tunis félicite "les journalistes de La Presse" pour avoir inventé un "genre nouveau" : "la chronique des événements qui n'ont jamais eu lieu" et voit dans M. Bouzidi un "magicien" qui a trouvé "la dimension parallèle" pour emmener les fans "dans sa machine à réinventer le temps" pour "l'aventure (…) de la téléportation".

Radio Njoy http://radio-njoy.blogspot.com
Nothin' but a good time http://lion-blanc.blogspot.com
Le blog du technician d'Anathema http://dasbunk.blogspot.com
Nightwatcher's House of Rock http://nightwatchershouseofrock.blogspot.com
Nadia from Tunis http://metallicnaddou.blogspot.com
L'article de Mourad Bouzidi (La Presse) sur le concert "fantôme" http://www.lapresse.tn/index.php?opt=15&categ=4&news=91791

La Tunisie aime figurer en bonne place dans les divers classements internationaux. Après le forum de Davos et International Living qui ont loué nos remarquables performances économiques et notre excellente qualité de vie - malgré les nombreuses critiques envieuses - notre pays s'est essayé au dernier concours du The Economist Intelligence unit.

Dans le souci d'éclairer davantage l'opinion publique sur les réalisations de notre pays, Carpe Diem s'est penché minutieusement, document original à l'appui, sur l'article de La Presse qui loue les performances de la Tunisie dans cette étude du célèbre journal économique britannique. Le blogueur dénonce une information "manipulée" et "incomplète". Alors que les médias officiels se gargarisent du bon classement de la Tunisie qui se situe "au même rang que des pays européens" et se permet même le luxe de devancer "d'autres pays parmi eux", le blogueur découvre avec stupeur qu'on a omis de préciser qu'en fait de stabilité politique, le classement porte sur l"'instabilité politique" et "la vulnérabilité à l'agitation politique et sociale" où notre pays affiche un classement plus qu'honorable puisqu'il n'est devancé que par les meilleurs élèves de la classe, Libye, Emirats arabes unis, Sultanat d'Oman…, "des dictatures encore plus enracinées". Un classement qui révèle finalement selon Carpe Diem "le degré d'immobilisme politique en Tunisie". Mais l'enthousiasme du journal gouvernemental n'a pas de limites. Dans son élan euphorique, il a malencontreusement oublié de mentionner un autre classement flatteur pour notre pays dans cette excellente étude qui révèle, de manière inattendue, que la Tunisie "arrive à la 141ème place sur 167 pays" dans la catégorie Régimes autoritaires avec une "note globale de 2,96/10" et un "zéro pointé" dans la rubrique "Processus électoral et pluralisme". Mais nous le savons tous, les chiffres sont trompeurs, seule l'action compte…

Carpe Diem http://carpediem-selim.blogspot.com
L'article de La Presse sur le classement de The Economist intelligence unit http://www.lapresse.tn/index.php?opt=15&categ=1&news=91876
Les références complètes de l'étude de The Economist intelligence unit
http://a330.g.akamai.net/7/330/25828/20090318195802/graphics.eiu.com/specialReport/manning_the_barricades.pdf
http://viewswire.eiu.com/index.asp?layout=VWArticleVW3&article_id=874361472
http://a330.g.akamai.net/7/330/25828/20081021195552/graphics.eiu.com/PDF/Democracy%20Index%202008.pdf

Hédi Ben Smail

mardi 7 avril 2009

A travers la blogosphère #2


Les hommages à la figure du président Habib Bourguiba n'ont pas manqué dans la blogosphère à l'occasion du neuvième anniversaire de sa mort rappelant la vision moderniste de Bourguiba qui a émancipé la femme, généralisé l'éducation et contribué à la construction d'un Etat moderne.

Sahbi Yahiaoui's Bloggin' a rappelé le "courage et son grand sens politique" de l'homme qui a "bravé les traditions et les pensées rétrogrades qui sévissaient à l'époque" tandis que Massir remerciait le "combattant suprême" pour "ce qu'il a fait pour la femme" en affichant sur son blog une longue vidéo compilant les reportages télévisés de médias internationaux à l'occasion de la mort de l'ancien président. Bons baisers de Tunisie reprend sur son blog une lettre – publiée dans le quotidien tunisien Assabah - de Bourguiba à son fils envoyée pendant une tournée effectuée au Moyen-Orient en 1946, deux années avant la création de l'Eta d'Israël, où il décrivait la "lutte" des deux camps annonçant la "difficile gestation d'un nouveau monde" et exprimant son désir de visiter la Turquie pour étudier la "révolution kémelienne" qui a eu un impact important sur le Moyen-Orient tout en étant "peu connue" au Maghreb. Une note critique est venue relativiser l'hommage de la blogosphère à Bourguiba dans le blog Un œil sur la planète qui, tout en rappelant les mérités du "premier président" de la Tunisie s'est interrogé à propos du "fossé énorme" qui sépare ses supporters et ses détracteurs, s'est essayé à une analyse critique de son parcours politique. Le blogueur conclut que Bourguiba est une "un homme politique dont on peut être fier" ce qui "ne nous empêche pas de remettre en cause certaines de ses actions".

Sahbi Yahiaoui's Bloggin'  http://sahbiyahiaoui.blogspot.com
Massir  http://massir.blogs.psychologies.com/mon_massir/
Bons baisers de Tunisie http://bons-baisers-de-tunisie.blogspot.com
Un œil sur la planète http://telestlemonde.blogspot.com

Décidément, Sida et morale religieuse ne font pas bon ménage.

L'Eglise catholique n'est pas la seule à prôner la chasteté pour lutter contre le Sida, Pensées d'un ancien musulman et Arabasta invoquant dans un ton provocateur la responsabilité de la "laïcité de l'Etat" dans la propagation du virus ont dénoncé, parfois en des termes très vigoureux et parfois polémiques, le discours moralisteur d'un médecin tunisien à la retraite sur le Sida. Dans ses propos, rapportés par le portail Gnet.tn et surtout illustrés par une vidéo sur Internet, l'ancien médecin cite pêle-mêle l'"ouverture de la société tunisienne aux comportements prévalant dans d'autres pays", la maîtrise par les jeunes "des moyens de communication moderne" qui conduit à la "banalisation et à la commercialisation du sexe", ainsi que le "recul de l'âge du mariage" et "le prolongement du célibat" comme des facteurs favorisant la contamination par le virus en Tunisie. Il abonde en prêchant auprès d'un auditoire d'étudiantes que "le sexe en dehors du cadre de la loi, c'est-à-dire le mariage" est "interdit" et n'est pas "acceptable religieusement, légalement et socialement" et que les parents ont pour rôle de "ne pas accepter cette pratique" et de la "critiquer".

Pensées d'un ancien musulman http://exmouslem.blogspot.com
Arabasta http://arabasta1.blogspot.com
Les propos de l'ancien médecin rapportés par Gnet.tn http://www.gnet.tn/temps-fort/celibat-toxicomanie-et-prejuges-attention-danger-/id-menu-325.html
La vidéo du discours de l'ancien médecin tenu aux étudiantes http://www.wat.tv/video/dr-farouk-ben-mansour-1d5cb_1d4yu_.html
  
Hédi Ben Smail

mercredi 1 avril 2009

A travers la blogosphère #1

Les projets immobiliers émiratis dans nos contrées ne cessent de susciter polémiques et interrogations parfois matinées d'ironie.

"Sama Dubaï nous pose un lapin", c'est en ces termes laconiques que Djerba Café, reprenant une information parue dans la presse électronique tunisienne spécialisée, ironise à propos de l'annonce par l'opérateur émirati des BTP - déjà en grande difficulté économique sur ses terres - du gel de ses projets immobiliers au Maghreb, en particulier le méga projet "La Porte de la Méditerranée", prévu en Tunisie. Le blogueur exprime ses réserves sur l'impact d'un tel projet sur le marché immobilier local, craignant qu'une offre supplémentaire n'entraîne "une forte dévaluation de l'immobilier" en Tunisie. Il s'interroge ensuite sur le sort de Tunis Sport City, l'autre projet immobilier d'envergure promis aussi à un promoteur émirati et redouble d'ironie sur le sort de ceux qui ont déjà "acheté sur plan" et qui risquent de "se retrouver à vivre au 6ème étage d'un arbre dans la forêt entre le Lac et El Kram…".

Djerba Café http://djerbacafe.blogspot.com

Régulièrement dénoncé par nombre de blogueurs dont certains se plaignent du vol manifeste de partie ou de l'intégralité de leurs blogs, le phénomène de plagiat est analysé sur la blogosphère.

"Le plagiat dans le monde arabe" est le thème abordé par Nocturnal Thoughts et Arabesque. Les deux blogueurs reviennent sur le dossier du magazine "Les Observateurs" de la chaîne française internationale, France 24, consacré à la question à travers le travail d'un internaute koweitien qui consacre son temps et un site personnel à la traque des plagiaires et la mise à nu de leurs plagiats. Tout y passe : articles de presse, caricatures, arts plastiques… jusqu'aux couvertures d'albums de musique de chanteuses arabes "fortement inspirées" de celles de leurs collègues occidentales ou d'une affiche publicitaire d'une marque mondiale de… parfums ! Nocturnal Thoughts note que l'ampleur du phénomène est telle dans le monde arabe que le plagiat a évolué vers un "mode d'écriture et de pensée" pour un nombre important d'intellectuels arabes. Il précise toutefois que le plagiat est un phénomène mondial et "n'est pas une spécificité arabe" mais que son usage systématique dans le monde arabe "y compris parmi des écrivains connus" ajouté à "la faiblesse de la création intellectuelle" dans la région annoncent une "situation plagiaire" dans de nombreux milieux intellectuels.

Nocturnal Thoughts http://tareknightlife.blogspot.com
Arabesque http://arabesque48fm.blogspot.com
Le site "Pilleurs de mots" : http://bader59.com/
Le site du magazine "Les Observateurs" : http://observers.france24.com/fr/

Pour finir, une note d'humour sur fond de différences linguistiques dans le monde arabe. L'auteur du blog Idées bêtes, interloqué, s'interroge sur l'attitude d'un membre du jury d'un concours de robotique organisé en Jordanie qui a demandé l'aide d'une traductrice pour pouvoir communiquer avec le candidat tunisien, arguant qu'il ne "comprends pas l'arabe" du tunisien et qu'"il vaut mieux parler avec lui en français" !

Idées bêtes http://idees-betes.blogspot.com

Hédi Ben Smail