vendredi 5 juin 2009

A travers la blogosphère #10


Le 1er juin de chaque année est un jour particulier pour la blogosphère tunisienne. C'est le jour où on blogue pour le Maghreb ! Pour vivre son rêve maghrébin mais aussi exprimer sa frustration, ses coups de gueule... et ses espoirs déçus par un projet rendu factice par l'absence d'une véritable volonté politique…

Djebel nous fait partager son rêve d'union pour le Maghreb. Une union qui tire sa force, pour lui, de la grandeur d'un Maghreb transcendant les ethnies et les religions qui le composent. Le Maghreb est grand par "la richesse de ses couleurs, de ses cultures, de ses religions…", "l'intelligence de ses femmes et ses hommes" et son "histoire millénaire". Le Maghreb est grand aussi parce qu'il est multiple. Sa diversité, il la puise dans cette formidable "mosaïque de bédouins, (…), de berbères, de chleuhs, de kabyles, d'arabes, d'africains, d'européens, de musulmans, de chrétiens, de juifs (…) et de non-croyants". Tous sont unis par "un profond sentiment d'appartenance" et par les "rêves et les aspirations" communs et nul ne parviendra jamais, selon le blogueur, à les diviser.

Djebel http://djebel.net

Le rêve de Maghreb de Kissa Online épouse la forme d'un manifeste politique où le blogueur nous fait par de ses aspirations citoyennes et développe sa propre vision d'un Maghreb démocratique et souverain, égalitaire et respectueux de sa diversité culturelle, solidaire de ses citoyens et protecteur de son environnement écologique.

"Je le veux un Maghreb uni ;
où les citoyens jouissent de la totalité de leurs libertés politiques (association, manifestation, expression, élections démocratiques et transparentes) ;
où la femme jouit des même droits que de l'homme et participe à la gestion des affaires publiques ;
où la volonté politique des gouvernements est indépendante de l'hégémonie étrangère ;
orgueilleux et protecteur de sa diversité culturelle ;
solidaire des mouvements de libération nationale et des combats pour la justice sociale dans le monde ;
fier de sa jeunesse ; 
qui protège et sauvegarde l'environnement écologique"

Kissa Online http://kissa-online.blogspot.com

PS : la photo de la jeune berbère a été empruntée au blog Djebel, http://djebel.net

Hédi Ben Smail

jeudi 28 mai 2009

A travers la blogosphère #9


Cette semaine, la blogosphère nous fait découvrir la face cachée d'Ibn Khaldoun et le "militantisme électronique".

A l'occasion de l'anniversaire de la naissance de Abderrahmane Ibn Khaldoun, le 27 mai 1332, Kissa Online nous fait découvrir une autre facette de cet illustre personnage qui a marqué son époque et représente pour beaucoup celui qui a jeté les fondements ce qui est devenu ensuite la sociologie moderne. Louant d'abord les mérites indéniables du penseur, "le premier à avoir apporté des données matérielles (économiques et sociales) pour expliquer les phénomènes sociaux et politiques et à tenter de les cristalliser sous forme de règles générales", le blogueur ne manque pas de s'interroger sur la personnalité d'Ibn Khaldoun pour tenter de "clarifier ses opinions et leurs déterminants". Kissa Online dresse ensuite le portrait psychologique du personnage en citant le Dr. Jemâa Chikha qui évoque les nombreuses "particularités négatives" du sociologue "notamment politiques et morales" et un "comportement machiavélique" qui se combine avec sa grande maîtrise des tenants et des aboutissants du jeu politique de son époque. Le blogueur s'appuie également sur "les sources égyptiennes" qui tout en décrivant Ibn Khaldoun comme un être "affable, empreint de modestie, facile à vivre et solitaire", précisent toutefois que son "arrogance" prend le dessus dès qu'il détient un poste dans la magistrature. Politiquement, Ibn Khaldoun était "machiavélique". Pour parvenir au pouvoir, il était capable de "délation" et "fomentait des complots contre ses amis". Malgré son attachement à l'idée de justice, Ibn Khaldou n'hésitait pas à rappeler que "le gouvernant est d'essence divine" et que ses sujets lui doivent "obéissance" sous peine d'"être tués". Il professait également que "la plume et le sabre sont au service du gouvernant"…

Kissa Online http://kissa-online.blogspot.com

Dans une note ironique, Eddou3aji tourne en dérision ce qu'il appelle le "militantisme électronique". Protestant contre le flot de pétitions qui "étouffent (sa) messagerie électronique" et pullulent sur Facebook, le blogueur émet de sérieux doutes sur le pouvoir d'un "clic de souris" à libérer "le militant congolais" qui croupit dans les geôles de l'oppresseur. Les pétitions, estime le blogueur, sont déjà peu efficaces dans les démocraties traditionnelles où elles sont détournées par les politiques à des fins électoralistes en servant à alimenter des discours populistes destinés à leur faire gagner les élections. Que dire alors des "nos" démocraties… Le blogueur dénonce ensuite le "militant pantouflard" confortablement installé "chez lui ou dans son bureau climatisé" qui croit "satisfaire sa conscience" en signant à distance des pétitions à tout va. Pour Eddou3aji, ces "militants" électroniques "anonymes" ne possèdent même pas cette légitimité acquise par le "courageux militant" traditionnel qui sillonne inlassablement le pays à la recherche de signatures en prenant tous les "risques" pour défendre ses convictions. Il ajoute que le fait de ne pas signer les pétitions électroniques n'est pas synonyme de désaccord avec les principes qu'elles défendent et que les signer n'est pas non plus une preuve de courage ou de bravoure. Et le blogueur de citer, enfin, Bourguiba moquant les membres du vieux Destour qui "protestent, dénoncent… puis finissent par rédiger une pétition avec les larmes de leurs yeux…".

Eddou3aji http://eddou3aji.blogspot.com

Hédi Ben Smail

jeudi 21 mai 2009

A travers la blogosphère #8


 La blogosphère s'agite souvent mais réfléchit aussi. En jeu, notre révolution culturelle et un essai d'une sociologie du débat en Tunisie.

"2,83 millions d'utilisateurs de l'Internet en Tunisie, 8,59 millions d'abonnés à la téléphonie mobile, 6758 sites tunisiens…" Selon les chiffres officiels, notre pays est confortablement installé dans l'ère de la révolution numérique, constate le blog Histoires ordinaires. Mais a-t-il fait pour autant sa révolution culturelle ? s'interroge-t-il. Par analogie, le blog rappelle que l'avènement de l'imprimerie en Europe au XVème siècle a été le prélude à "une renaissance culturelle globale" en Europe. En démocratisant l'accès à l'écrit, favorisant l'essor de la philosophie et des lettres et la diffusion de la connaissance et la formation de la pensée critique, cette invention a remis en cause le dogme de l'Eglise et son monopole sur les consciences et a conduit à une "grande révolution culturelle en Europe et dans le monde" qui a "détruit tous les rêves de domination de l'Eglise dans la société". "Qu'en est-il de notre société ?", s'interroge le blog. "Quelle est l'influence sur la société de 'notre" révolution numérique ?" poursuit-il ? "Est-elle en train de favoriser la créativité dans les arts et la littérature ? De développer les capacités intellectuelles et critiques de créateur ? De contrecarrer l'invasion culturelle des ténèbres et de la culture de la peur, de la censure et de la répression ?" Cette "révolution" a-t-elle permis "l'amélioration du niveau moral et culturel de la société et le nivellement par le haut des médias et le respect de la liberté d'expression ?" Que d'interrogations accompagnées, avoue le blog, de "beaucoup de frustrations et de pessimisme…"

Histoires ordinaires http://dovitch.blogspot.com

En détournant l'intitulé de la célèbre émission de télé-réalité, Andi Ma Nkollek, diffusée sur notre télévision publique, Errances pose la problématique du débat dans la société tunisienne. Le blog note que le tunisien exprime au quotidien un réel besoin de débat. Sa "soif (…) pour parler, s’exprimer, écouter, convaincre" est clairement palpable. Ses intentions en la matière sont "noble(s) et louable(s)". Mais le tunisien est-il "vraiment prêt pour débattre" ?, se demande le blog. Le débat consacre la "différence" et la "divergence d'opinions" et "abhorre l'unanimité (et) la concordance", rappelle-t-il. L'unanimisme de "départ vide donc débat de tout "sens" prévient-il. La société tunisienne est marquée par la pluralité des idées, à l'instar des "autres sociétés qu’elles soient occidentales ou orientales", constate le blog. Et l'éventail des opinions et des tendances dans notre société est large, précise-t-il, qui est composé "de gauchistes, de fondamentalistes, de rcdistes, d’anarchistes, de progressistes, de jusqu’au-boutistes, de khobsistes, de mauvistes, de hitistes, de clubistes, d’espérantistes, …", "voire même d’autistes", ironise-t-il. Mais le tunisien possède sa propre conception du débat, estime le blog, qui s'apparente plutôt au "contentieux (ou au) conflit". Le tunisien "confond tribune et tribunal" et "la présence d'un arbitre" est nécessaire pour que le "débat tunisien" ait lieu. En somme, la culture du débat fait défaut au tunisien qui prend "sa vérité pour 'LA vérité'" et enfonce ainsi le débat dans l'impasse d'"un dialogue de sourds". Cet "ostracisme", que relève le blog, condamne les tunisiens à "se cloitrer dans un ghetto" où "l’on ne se mélange qu’avec ses semblables idéologiques" mais "est-ce que c’est comme ça qu’on va pouvoir avancer ?" se demande le blog. Et au blog de conclure au nécessaire "apprentissage" du débat chez les tunisiens. Mais les idées ne suffisent par, rappelle-t-il, le "courage" et la "capacité d'écouter" sont aussi nécessaires pour sortir de l'auberge.

Errances http://je-peux-dire-une-connerie.blogspot.com

Hédi Ben Smail

mercredi 13 mai 2009

A travers la blogosphère #7


Rien de nouveau sous le soleil du pays de la joie éternelle à quelques mois des élections de 2009, nous rappelle d'un des meilleurs blogs de la Tunisphère, la blogosphère tunisienne. Tandis que le père fondateur de cet espace donne à nos responsables politiques une leçon édifiante de communication politique sur les réseaux sociaux.

Carpe Diem s'étonne de l'absence de toute trace de débat politique sur la place publique en Tunisie à la veille des élections législatives et présidentielles de 2009 contrairement à "d'autres pays démocratiques (où) la bataille entre partis et candidats débute un an avant le vote final". Le blogueur constate qu'"à 5 mois (…) du vote (…) rien ne se passe en Tunisie..". Il rappelle que les élections, censées être "le principal sujet de discussion et de débat dans les médias et entre citoyens", ont cédé la place aux sempiternelles discussions sur "la religion, (…) le foot ou (…) la télé-réalité". Les médias sont étrangement silencieux : "pas de débats, pas d'interviews, pas de sondages", remarque le blogueur. "Le calme règne", ajoute-t-il, même au sein du parti au pouvoir, "seul acteur de ces fausses élections", où tout a déjà été joué d'avance puisque ses militants "ne peuvent même pas choisir le candidat de leur parti aux élections" qui est "toujours le même, évidemment…". Le blogueur énumère ensuite la panoplie de sujets de préoccupation des tunisiens qui devraient donner aux politiques, aux médias et aux citoyens "l'embarras du choix" en matière de débat politique. Chômage, croissance déclinante, systèmes éducatifs et de santé déficients, jeunesse désabusée, corruption, clientélisme, justice, administration, disparités entre les régions… autant de thèmes qui devraient aisément trouver leur place dans le débat public à l'occasion de cette "dernière échéance avant qu'un nouveau 'changement' ne survienne" et que beaucoup "ressentent, appréhendent et attendent en silence", selon le blogueur. Carpe Diem conclut malicieusement sur cette ambiance de "fin de règne" qui rappelle "étrangement celle de l'époque du Roi-Soleil au XVIIè" que décrit ainsi Jean Racine dans Phèdre : "Le Grand Siècle devient bigot, les fêtes brillantes appartiennent au passé et le vieux roi prie pour son âme …"

Carpe Diem http://carpediem-selim.blogspot.com/

Et si les politiques faisaient plutôt campagne sur Facebook ! C'est l'idée originale osée par Hou-Hou Blog à l'adresse des partis politiques tunisiens à l'approche des prochaines échéances électorales. En présentant les statistiques de la présence tunisienne sur Facebook, le blogueur s'interroge à propos de l'immobilisme des partis et se demande pourquoi ils n'ont pas encore "envahi" le premier réseau social mondial. Constatant que près de 5% de la population tunisienne est présente sur Facebook et que la majorité d'entre-elle (400 mille) est en âge de voter, Hou-Hou Blog rappelle les vertus du réseautage social aux responsables politiques pour mobiliser le vote des jeunes, grands "oubliés" des dernières élections de 2004 qui ont concerné "seulement moins de 5 millions de tunisiens (…) inscrits" sur les listes électorales "alors que le pays comptait au moins 6 millions de tunisiens de 20 ans et plus". Selon le blogueur, un plan de campagne virtuel permettrait aux partis de mettre en place des "campagnes ciblées (…) par région et par tranche d'âge". Ceux-ci devraient ainsi abandonner les supports traditionnels d'une campagne classique que le blogueur juge "inutiles, coûteux et inefficaces" et consacrer "50% de leu budget de campagne" à Facebook. Hou-Hou Blog se permet même le luxe de leur conseiller les axes d'une stratégie de campagne virtuelle efficace. D'abord lancer une campagne pour "inciter les jeunes de 18 à 23 ans à s'inscrire sur les listes électorales". Créer ensuite une "page Facebook" du parti qui deviendrait un "centre de communication virtuel" cité dans les différents supports de communication du parti (journal, site web, affiches électorales, discours de ses candidats). Puis demander aux candidats du parti de créer leurs "profils Facebook actifs et participer aussi activement à la page du parti". Enfin, miser sur la caractère "viral" de la communication dans le réseau social pour "passer (le) message et inviter les jeunes à voter pour (son) parti et (ses) candidats". Un cours de communication politique dans les espaces virtuels pour sortir nos partis de la situation bien réelle, elle, d'inaction dans laquelle ils sont empêtrés en permanence.

Hou-Hou Blog http://houblog.net/

Hédi Ben Smail

jeudi 7 mai 2009

A travers la blogosphère #6


La dernière rencontre houleuse des journalistes tunisiens n'est pas passée inaperçue dans la blogosphère.

Le SNJT (Syndicat national des journalistes tunisiens) a choisi l'occasion de la journée internationale de la liberté de la presse pour présenter un rapport annuel critique sur la liberté de la presse en Tunisie que Minerva n'a pas manqué d'afficher sur son blog. Pour illustrer l'ambiance qui régnait à la conférence de presse du SNJT, certains blogs, comme Farda w Lkat Okhtha se sont contentés de reprendre la vidéo tournée par un journaliste présent sur place de la tentative d'agression de M. Néji Bghouri, président du SNJT par un "collègue", M. Kamel Ben Younès d'Assabah qui ne partageait visiblement pas le contenu du rapport pourtant préparé par son propre syndicat. Cette vidéo où on voit ce dernier se ruer sur son président pour tenter de l'agresser se passe en effet de tout commentaire. Some thoughts from Tunisia, tout en rappelant que le président du SNJT était "démocratiquement élu, chose rare en Tunisie", a tenu tout de même à préciser que M. Ben Younes est le "président de la commission de déontologie" au SNJT. Et le blogueur d'ironiser sur le souci de "l'éthique du métier" et le sens de "la culture du dialogue et du respect des collègues" de M. Ben Younes, inscrits dans la "pure méthode mauve"…

Minerva http://minerva2presse.blogspot.com
Farda w Lkat Okhtha http://farda-w-la9att-o5taha.blogspot.com
Some thoughts from Tunisia http://a-free-tn.blogspot.com
Texte intégral du rapport annuel du SNJT sur la liberté de la presse en Tunisie http://www.snjt.org/images/doc/rapport_liberteII.pdf

A travers trois figures différentes - développement inégal, immigration et liberté d'expression, Marteau illustre la réalité actuelle de problématiques socio-économiques et politiques majeures dans nos pays, demeurées figées dans le siècle dernier…

En visionnant sur l'écran de son ordinateur une vidéo amateur prise par un randonneur dans le centre et le sud-ouest de la Tunisie, le blogueur a supprimé les couleurs pour se rendre compte que le paysage rappelle étrangement la "Tunisie des années 60 du siècle dernier" : "mêmes bâtiments, mêmes rues, la misère et la précarité des jeunes". Et le blogueur de constater que "les disparités persistent entre les régions (…) un demi-siècle plus tard" : "concentration de projets économiques et de la population dans certaines villes côtières" et "vide et misère à l'intérieur du pays". Ces problèmes socio-économiques encore persistants chez nous, étaient pourtant présents à "une époque non lointaine" dans d'autres pays européens, "Portugal, Espagne, Italie, Grèce" et non-européens, "Corée du Sud, Malaisie" mais on été éradiqués "à force d'efforts". Marteau évoque ensuite le discours sur l'immigration d'éminents responsables politiques en Tunisie "durant les années 60 et jusqu'au début des années 70" qui clamaient son caractère "temporaire" alors qu'aujourd'hui "aucun responsable n'ose dire le contraire", l'immigration étant devenue "un exutoire pour le chômage" et une source permanente de devises. Et de rappeler que les mêmes pays cités précédemment, "Portugal, Espagne, Grèce…" étaient aussi concernés jusqu'à une époque récente par "l'immigration économique de leur jeunesse"… La dernière figure présentée par le blogueur est l'état lamentable de la liberté d'expression dans les pays arabes. Alors qu'ils ne sont que "10% des pays de la planète", nos pays arabes, "des professionnels du despotisme", représentent "60% des pays ennemis de la liberté d'expression" dans le monde. Cette triste réalité reflétée de manière récurrente par "ces chiffres criants de vérité" est désormais "la marque déposée par excellence" de nos régimes. Et le blogueur de noter que le despotisme était aussi pratiqué par la plupart des pays de la planète "depuis les années 50 et jusqu'à une époque non lointaine au siècle dernier" y compris "au Portugal, en Espagne, en Grèce, en Corée du Sud et en Malaisie"…

Marteau http://martodefer.blogspot.com

Hédi Ben Smail

mardi 28 avril 2009

A travers la blogosphère #5


La foire du livre de Tunis est un événement culturel majeur dans notre pays. Depuis quelques années elle est devenue un sujet récurrent d'indignation. Les blogueurs ne sont pas en reste.

Alors que Marsaletta s'avoue "apeuré" par "l'invasion extérieure" de "voilées" et de "talibans", Un œil sur la planète se demande si la foire du livre ne s'est pas progressivement transformée en "forum religieux" où les "femmes voilées se couvrant même les mains" côtoient des "hommes (vraiment) barbus". Il s'étonne de cette "invasion du dogme religieux" qui a couvert les stands de la foire de "livres de religion et encore de religion" et s'interroge sur la place qui à été laissée à "la culture francophone (…), anglophone ou même la littérature arabe". Khanouff, quant à lui continue de croire au livre malgré le "débordement (…) de livres jaunes d'une autre époque" sur les "étals, (…), des tréteaux et "à même le sol". Des livres sur "la conduite de la jeune bonne musulmane", des couvertures avec "la fillette de moins de cinq ans voilée"… Le blogueur tient malgré tout à respecter son "engagement" de visiter les "rares éclairés îlots" qui restent et continue de "croire dans le livre", un jeu de mot subtil dont il use pour exprimer sa foi dans la culture.

Ayech mel Marsa tout en tournant en dérision ces "tunisiennes" rencontrées dans les halls de la foire du livre, "gantées" et couvertes de la "tenue totale du ninja saoudien", s'essaye dans sa note à une analyse de ce phénomène en adoptant la posture d'un "observateur (…) critique de la société tunisienne". Le blogueur se demande si cet "engouement des jeunes pour les livres jaunes" n'est pas en réalité un indicateur d'une "crise identitaire profonde". Il définit l'identité comme un "produit  (…) commun" ne relevant d'aucun "nature" donnée mais une "entité en mouvement". Ce "produit culturel" est, en définitive, le reflet de "notre pauvreté et notre vacuité culturelles". Poursuivant son analyse, qui selon lui relève désormais du politique, le blogueur pointe un doigt accusateur vers "la dictature et l'autoritarisme", coupables d'empêcher l'intellectuel de créer et, partant, de participer à la construction d'une identité nouvelle grâce à une nouvelle production culturelle seule voie "intelligente" capable de "contrecarrer la force de l'autorité". Le blogueur appelle enfin à un effort collectif de "construction identitaire", un "devoir de création" pour s'opposer à l'autoritarisme que nous subissons dans "nos familles, notre société et notre Etat", pour que l'idée de "république continue (encore) d'avoir un sens".

Marsoise choisit un angle d'analyse différent pour tenter d'expliquer le succès de la "littérature" religieuse à la foire du livre. La blogueuse évoque d'abord "la loi de l'offre et de la demande" pour expliquer l'offre importante de "livres religieux" chez les "maisons d'édition orientales" tout en s'interrogeant parallèlement sur la faible présence des "maisons d'édition française". Et la blogueuse de stigmatiser immédiatement la politique culturelle de la France à l'endroit de nos pays qui va entraîner son "suicide culturel" en "s'éloignant de plus en plus des pays qui formaient le maillon fort de la francophonie". Elle cite d'abord la disparition de nos écrans des chaînes françaises de télévision "qu'on regardait gratuitement" et qui ont cédé la place à "la concurrence des chaînes du Golfe". Puis elle poursuite en critiquant, pêle-mêle, la "présence insignifiante" des "maisons d'édition françaises à (la) foire du livre", et les "prix exorbitants" des livres qui les rendent "inaccessibles au tunisien moyen" allant même jusqu'à se lamenter que "la collection des livres (…) de la bibliothèque Charles de Gaulles (…) est pratiquement la même depuis longtemps…".

Marsaletta http://marsaletta.blogspot.com
Un œil sur la planète  http://telestlemonde.blogspot.com
Khanouff http://tnkhanouff.hautetfort.com
Marsoise http://marsoise.blogspot.com
Ayech mel Marsa http://3ayechmelmarsa.blogspot.com

* La caricature a été empruntée au blog de Ayech mel Marsa http://3ayechmelmarsa.blogspot.com

Hédi Ben Smail

mercredi 22 avril 2009

A travers la blogosphère #4


L'accident de bus de Mornag a suscité les interrogations indignées de certains blogueurs. Au menu : rumeur et responsabilités.

Errances s'interroge sur la véracité des chiffres des victimes de l'accident avancés par les médias officiels. Le blogueur, convaincu que les dégâts humains étaient plus importants, met en doute ces chiffres dans un pays où "il ne se passe jamais quelque chose". Constatant "une forte perturbation" de la circulation automobile "pendant des heures entières" et remarquant "l’embarras et le débordement" des "agents de la police et de la garde nationale" présents sur les lieux en nombre important, il conclut à "l'atrocité de l'impact du drame" et acquiert la certitude "que ce qui se passe n'avait rien d'ordinaire ni de banal". Les doutes du blogueurs sont relayés dans les commentaires de sa note où les internautes, tour à tour, mettent en évidence une variation du bilan de l'accident selon les médias, avancent des chiffres différents des victimes en s'appuyant sur leurs propres sources ou rappellent que des accidents graves ont déjà eu lieu sans qu'aucun organe de presse n'en parle ! Errances stigmatise l'attitude des médias qui présentent une information univoque dont la source est invariablement l'agence officielle TAP. Sa note pointe du doigt la crédibilité de l'information produite par nos médias qui "à défaut d'information crédible et responsable" favorisent la "rumeur" qui, dans le cas de l'accident de Mornag, a fait dire à certains que "le nombre de morts aurait atteint 86" ou que le bus contenait "plus de 250 passagers" alors qu'il ne peut transporter "plus de 80 personnes".

Kiffe Grave, quant à lui, fait l'inventaire des manquements divers qui ont rendu cet accident "tout à faire prévisible" et s'interroge sur l'identité des responsables de la catastrophe. Pour le blogueur, les responsabilités sont multiples et se situent à différents niveaux. Sont désignés l'état vétuste de certains bus "qui mériteraient d'être jetés à la casse", l'attitude coupable de certains chauffeurs "qui (…) en toute impunité (…) ne respectent ni les horaires, ni le code de la route" et enfin, ceux qui sont censés faire respecter l'ordre en assurant qu'il n'a "jamais vu un bus arrêté par un policier parce que les passagers étaient accrochés aux portes (…), pour ne pas avoir respecté le code de la route" ou "pour excès de vitesse". Le blogueur conclut en demandant "des comptes à la Transtu (…) et aux différents responsables en charge de ces dossiers".

Errances http://je-peux-dire-une-connerie.blogspot.com
Kiffe Grave http://www.kiffegrave.com

La crise a, enfin, eu raison de l'optimisme béat de nos responsables économiques qui viennent de réviser - encore une fois - le sacro-saint taux de croissance économique du pays.

La plume – For a better world rappelle que cette révision est la deuxième consécutive – une première baisse de 6 à 5,1% ayant déjà intervenu à la fin de l'année précédente. La nouvelle révision établit à 4,7% les prévisions de croissance du PIB pour 2009. Le blogueur affiche une prudence de rigueur pour ce taux qui "ne reflète en rien l'évolution probable de la croissance économique tunisienne dans le second semestre de 2009 (…) dans un contexte international morose et une visibilité à court terme très limitée" de la poursuite de la crise "financière et économique internationale." Cette baisse de la croissance se traduira, selon le ministre des finances dont les propos sont rapportés par le blogueur, par "une aggravation du déficit budgétaire" et "une réduction des ressources fiscales" qui sera compensée par la réduction des subventions des prix des hydrocarbures en cas de stabilité des prix actuels. Le blogueur ne manque pas de préciser "la politique de la Tunisie dans (ce) domaine" : "augmentation et pas recul du prix à la pompe". Celui-ci critique la "prise en charge par l'Etat des cotisations patronales pour les entreprises menacées" par la crise. Une mesure, selon lui, qui "vise à aider ouvertement le patronat" alors qu'on oublie d'augmenter les "salaires des travailleurs" pour "booster l'économie grâce à la consommation", une politique qui, selon le blogueur, ne sera jamais appliquée car jugée "trop coûteuse" par le gouvernement. La plume – For a better world constatant que "nos voisins algériens et marocains" connaissent une augmentation de leur croissance économique finit par s'interroger sur l'opportunité de continuer de "miser sur L'Europe", orientation qu'il considère "un frein énorme au potentiel de développement (…) de la Tunisie".

La plume – For a better world http://mehdiladjemi.blogspot.com

Hédi Ben Smail

mardi 14 avril 2009

A travers la blogosphère #3


Des organisateurs désemparés, des fans dépités et un concert finalement annulé. La venue en Tunisie du groupe anglais de metal (hard rock) Anathema n'a pas fait que des déçus, elle a aussi provoqué un gros dégât collatéral inattendu…

Début février, les fans d'Anathema sur la blogosphère se félicitent de la venue du groupe dont la prestation sur la scène de l'Acropolium de Carthage prévue pour le 4 avril est très attendue. Radio Njoy exprime son excitation sur son blog. Il "n'y crois toujours pas!!!!" à l'idée de "les voir en vrai!!!!!". Les fans affluent même de l'intérieur du pays et du Maroc. Mille billets ont été vendus. Le jour du concert, le blog de Mouse Hunter annonce son report au 6 avril à cause d'"une autorisation manquante du ministère de l'intérieur". Le concert est finalement annulé. Pourtant, l'organisateur affirme dans un communiqué de presse repris sur le blog Nothin' but a good time que toutes "les démarches ont été faites comme il se doit" et que "plusieurs réunions de coordinations avec les autorités (…) dont le résultat a été positif" ont été organisées "plusieurs mois à l'avance". Mais les raisons de cette annulation ne seraient pas administratives. L'un des techniciens d'Anathema, qui tient un blog, annonce que le ministère de l'intérieur a été informé que les membres du groupe anglais étaient des "adorateurs de Satan" qui "mangent les chats noirs et boivent leur sang". Pourtant, le blog spécialisé Nightwatcher's House of Rock affirme que les paroles d'Anathema n'ont "jamais fait l'objet de controverse" et que le groupe a même donné des "concerts spéciaux accompagné d'amis du Royal Liverpool Philharmonic Orchestra". Il semble donc que le concert a été victime d'un acte de sabotage. L'histoire ne s'arrête pas là et sa fin est tragi-comique. Le concert annulé d'Anathema devait être accompagné d'un groupe tunisien et du chanteur italien Fabio Lione. Tout ce beau monde a donc dû plier bagage. Mais leurs fans ne seront pas déçus car La Presse, sous la plume de Mourad Bouzidi, a tenu à les consoler en leur livrant un compte-rendu imaginaire de la prestation virtuelle de Fabio Lione ce même 4 avril à l'Acropolium de Carthage. Le "journaliste" n'a rien oublié : l'énoncé détaillé des morceaux chantés pendant ce concert, le "public nombreux (…) ravis de la prestation de cet artiste", allant même jusqu'à rapporter ses déclarations "dans les coulisses, juste après le concert". Les blogueurs ont découvert la supercherie. Nothin' but a good time relate dans son blog cette "prouesse journalistique monumentale" digne d'un "journalisme d'une autre dimension". Nadia from Tunis félicite "les journalistes de La Presse" pour avoir inventé un "genre nouveau" : "la chronique des événements qui n'ont jamais eu lieu" et voit dans M. Bouzidi un "magicien" qui a trouvé "la dimension parallèle" pour emmener les fans "dans sa machine à réinventer le temps" pour "l'aventure (…) de la téléportation".

Radio Njoy http://radio-njoy.blogspot.com
Nothin' but a good time http://lion-blanc.blogspot.com
Le blog du technician d'Anathema http://dasbunk.blogspot.com
Nightwatcher's House of Rock http://nightwatchershouseofrock.blogspot.com
Nadia from Tunis http://metallicnaddou.blogspot.com
L'article de Mourad Bouzidi (La Presse) sur le concert "fantôme" http://www.lapresse.tn/index.php?opt=15&categ=4&news=91791

La Tunisie aime figurer en bonne place dans les divers classements internationaux. Après le forum de Davos et International Living qui ont loué nos remarquables performances économiques et notre excellente qualité de vie - malgré les nombreuses critiques envieuses - notre pays s'est essayé au dernier concours du The Economist Intelligence unit.

Dans le souci d'éclairer davantage l'opinion publique sur les réalisations de notre pays, Carpe Diem s'est penché minutieusement, document original à l'appui, sur l'article de La Presse qui loue les performances de la Tunisie dans cette étude du célèbre journal économique britannique. Le blogueur dénonce une information "manipulée" et "incomplète". Alors que les médias officiels se gargarisent du bon classement de la Tunisie qui se situe "au même rang que des pays européens" et se permet même le luxe de devancer "d'autres pays parmi eux", le blogueur découvre avec stupeur qu'on a omis de préciser qu'en fait de stabilité politique, le classement porte sur l"'instabilité politique" et "la vulnérabilité à l'agitation politique et sociale" où notre pays affiche un classement plus qu'honorable puisqu'il n'est devancé que par les meilleurs élèves de la classe, Libye, Emirats arabes unis, Sultanat d'Oman…, "des dictatures encore plus enracinées". Un classement qui révèle finalement selon Carpe Diem "le degré d'immobilisme politique en Tunisie". Mais l'enthousiasme du journal gouvernemental n'a pas de limites. Dans son élan euphorique, il a malencontreusement oublié de mentionner un autre classement flatteur pour notre pays dans cette excellente étude qui révèle, de manière inattendue, que la Tunisie "arrive à la 141ème place sur 167 pays" dans la catégorie Régimes autoritaires avec une "note globale de 2,96/10" et un "zéro pointé" dans la rubrique "Processus électoral et pluralisme". Mais nous le savons tous, les chiffres sont trompeurs, seule l'action compte…

Carpe Diem http://carpediem-selim.blogspot.com
L'article de La Presse sur le classement de The Economist intelligence unit http://www.lapresse.tn/index.php?opt=15&categ=1&news=91876
Les références complètes de l'étude de The Economist intelligence unit
http://a330.g.akamai.net/7/330/25828/20090318195802/graphics.eiu.com/specialReport/manning_the_barricades.pdf
http://viewswire.eiu.com/index.asp?layout=VWArticleVW3&article_id=874361472
http://a330.g.akamai.net/7/330/25828/20081021195552/graphics.eiu.com/PDF/Democracy%20Index%202008.pdf

Hédi Ben Smail

mardi 7 avril 2009

A travers la blogosphère #2


Les hommages à la figure du président Habib Bourguiba n'ont pas manqué dans la blogosphère à l'occasion du neuvième anniversaire de sa mort rappelant la vision moderniste de Bourguiba qui a émancipé la femme, généralisé l'éducation et contribué à la construction d'un Etat moderne.

Sahbi Yahiaoui's Bloggin' a rappelé le "courage et son grand sens politique" de l'homme qui a "bravé les traditions et les pensées rétrogrades qui sévissaient à l'époque" tandis que Massir remerciait le "combattant suprême" pour "ce qu'il a fait pour la femme" en affichant sur son blog une longue vidéo compilant les reportages télévisés de médias internationaux à l'occasion de la mort de l'ancien président. Bons baisers de Tunisie reprend sur son blog une lettre – publiée dans le quotidien tunisien Assabah - de Bourguiba à son fils envoyée pendant une tournée effectuée au Moyen-Orient en 1946, deux années avant la création de l'Eta d'Israël, où il décrivait la "lutte" des deux camps annonçant la "difficile gestation d'un nouveau monde" et exprimant son désir de visiter la Turquie pour étudier la "révolution kémelienne" qui a eu un impact important sur le Moyen-Orient tout en étant "peu connue" au Maghreb. Une note critique est venue relativiser l'hommage de la blogosphère à Bourguiba dans le blog Un œil sur la planète qui, tout en rappelant les mérités du "premier président" de la Tunisie s'est interrogé à propos du "fossé énorme" qui sépare ses supporters et ses détracteurs, s'est essayé à une analyse critique de son parcours politique. Le blogueur conclut que Bourguiba est une "un homme politique dont on peut être fier" ce qui "ne nous empêche pas de remettre en cause certaines de ses actions".

Sahbi Yahiaoui's Bloggin'  http://sahbiyahiaoui.blogspot.com
Massir  http://massir.blogs.psychologies.com/mon_massir/
Bons baisers de Tunisie http://bons-baisers-de-tunisie.blogspot.com
Un œil sur la planète http://telestlemonde.blogspot.com

Décidément, Sida et morale religieuse ne font pas bon ménage.

L'Eglise catholique n'est pas la seule à prôner la chasteté pour lutter contre le Sida, Pensées d'un ancien musulman et Arabasta invoquant dans un ton provocateur la responsabilité de la "laïcité de l'Etat" dans la propagation du virus ont dénoncé, parfois en des termes très vigoureux et parfois polémiques, le discours moralisteur d'un médecin tunisien à la retraite sur le Sida. Dans ses propos, rapportés par le portail Gnet.tn et surtout illustrés par une vidéo sur Internet, l'ancien médecin cite pêle-mêle l'"ouverture de la société tunisienne aux comportements prévalant dans d'autres pays", la maîtrise par les jeunes "des moyens de communication moderne" qui conduit à la "banalisation et à la commercialisation du sexe", ainsi que le "recul de l'âge du mariage" et "le prolongement du célibat" comme des facteurs favorisant la contamination par le virus en Tunisie. Il abonde en prêchant auprès d'un auditoire d'étudiantes que "le sexe en dehors du cadre de la loi, c'est-à-dire le mariage" est "interdit" et n'est pas "acceptable religieusement, légalement et socialement" et que les parents ont pour rôle de "ne pas accepter cette pratique" et de la "critiquer".

Pensées d'un ancien musulman http://exmouslem.blogspot.com
Arabasta http://arabasta1.blogspot.com
Les propos de l'ancien médecin rapportés par Gnet.tn http://www.gnet.tn/temps-fort/celibat-toxicomanie-et-prejuges-attention-danger-/id-menu-325.html
La vidéo du discours de l'ancien médecin tenu aux étudiantes http://www.wat.tv/video/dr-farouk-ben-mansour-1d5cb_1d4yu_.html
  
Hédi Ben Smail

mercredi 1 avril 2009

A travers la blogosphère #1

Les projets immobiliers émiratis dans nos contrées ne cessent de susciter polémiques et interrogations parfois matinées d'ironie.

"Sama Dubaï nous pose un lapin", c'est en ces termes laconiques que Djerba Café, reprenant une information parue dans la presse électronique tunisienne spécialisée, ironise à propos de l'annonce par l'opérateur émirati des BTP - déjà en grande difficulté économique sur ses terres - du gel de ses projets immobiliers au Maghreb, en particulier le méga projet "La Porte de la Méditerranée", prévu en Tunisie. Le blogueur exprime ses réserves sur l'impact d'un tel projet sur le marché immobilier local, craignant qu'une offre supplémentaire n'entraîne "une forte dévaluation de l'immobilier" en Tunisie. Il s'interroge ensuite sur le sort de Tunis Sport City, l'autre projet immobilier d'envergure promis aussi à un promoteur émirati et redouble d'ironie sur le sort de ceux qui ont déjà "acheté sur plan" et qui risquent de "se retrouver à vivre au 6ème étage d'un arbre dans la forêt entre le Lac et El Kram…".

Djerba Café http://djerbacafe.blogspot.com

Régulièrement dénoncé par nombre de blogueurs dont certains se plaignent du vol manifeste de partie ou de l'intégralité de leurs blogs, le phénomène de plagiat est analysé sur la blogosphère.

"Le plagiat dans le monde arabe" est le thème abordé par Nocturnal Thoughts et Arabesque. Les deux blogueurs reviennent sur le dossier du magazine "Les Observateurs" de la chaîne française internationale, France 24, consacré à la question à travers le travail d'un internaute koweitien qui consacre son temps et un site personnel à la traque des plagiaires et la mise à nu de leurs plagiats. Tout y passe : articles de presse, caricatures, arts plastiques… jusqu'aux couvertures d'albums de musique de chanteuses arabes "fortement inspirées" de celles de leurs collègues occidentales ou d'une affiche publicitaire d'une marque mondiale de… parfums ! Nocturnal Thoughts note que l'ampleur du phénomène est telle dans le monde arabe que le plagiat a évolué vers un "mode d'écriture et de pensée" pour un nombre important d'intellectuels arabes. Il précise toutefois que le plagiat est un phénomène mondial et "n'est pas une spécificité arabe" mais que son usage systématique dans le monde arabe "y compris parmi des écrivains connus" ajouté à "la faiblesse de la création intellectuelle" dans la région annoncent une "situation plagiaire" dans de nombreux milieux intellectuels.

Nocturnal Thoughts http://tareknightlife.blogspot.com
Arabesque http://arabesque48fm.blogspot.com
Le site "Pilleurs de mots" : http://bader59.com/
Le site du magazine "Les Observateurs" : http://observers.france24.com/fr/

Pour finir, une note d'humour sur fond de différences linguistiques dans le monde arabe. L'auteur du blog Idées bêtes, interloqué, s'interroge sur l'attitude d'un membre du jury d'un concours de robotique organisé en Jordanie qui a demandé l'aide d'une traductrice pour pouvoir communiquer avec le candidat tunisien, arguant qu'il ne "comprends pas l'arabe" du tunisien et qu'"il vaut mieux parler avec lui en français" !

Idées bêtes http://idees-betes.blogspot.com

Hédi Ben Smail