dimanche 30 septembre 2012

Foxconn : la plaie d'Apple

Apple innove mais ne fabrique rien. À l'instar des équipementiers sportifs mondiaux par exemple, la firme à la pomme s'appuie sur un réseau complexe de fournisseurs et de sous-traitants pour offrir à ses fans les meilleurs produits dont ils puissent rêver.

Mais voilà que ce décor idyllique est assombri par une arrière-boutique scabreuse, plutôt sale et mal entretenue, qui livre de plus en plus de secrets dont Apple pourrait largement se passer.

Apple fait ses affaires en Chine, la plus grosse usine du monde qui fournit quasiment toutes les multinationales Hi-Tech. Et son principal sous-traitant est le géant du secteur, le taïwanais Foxconn qui a installé ses quartiers en Chine employant plus d'un million de salariés, une armée de travailleurs, pour servir ses prestigieux clients. L'iPad, l'iPhone et même une partie des ordinateurs portables d'Apple, sont usinés chez Foxconn. Des téléphones de Nokia, des consoles de jeu de Sony et des ordinateurs de Dell et de HP sortent également des ateliers de Foxconn.

Mais voilà que côté humain, le taïwanais ne brille pas particulièrement. Ni par sa gestion des ressources humaines, très critiquée dans la presse. Ni par ses conditions de travail, au moins précaires, sinon catastrophiques.

Déjà éclaboussé en 2010 par le scandale du suicide de certains de ses employés (1) qui l'a contraint à faire signer à son personnel un engagement de... ne pas se suicider ! Foxcoon se trouve aujourd'hui confronté à des émeutes dans l'une de ses usines chinoises qui auraient provoqué la mort de dix personnes (2) dues probablement au mal-être de ses salariés.

Foxconn ne s'arrête pas là puisqu'il aurait même forcé récemment des étudiants à travailler pour lui dans des conditions pitoyables (3), pour pouvoir livrer à temps les millions d'iPhone 5 commandés par Apple. "Six jours par semaines, douze heures par jour" pour fabriquer le smartphone le plus attendu par la planète entière. Certaines universités chinoises auraient même interrompu des cours pour "libérer" des étudiants pour Foxconn.

Mais l'affaire qui a fait éclater le scandale est celle du reportage (4) d'un journaliste de Shanghai infiltré dans la fameuse usine Foxconn à Taiyuan où s'est fabriqué l'iPhone 5. Le journaliste qui s'est fait passer pour un salarié, passé 10 jours dans l'usine et même participé à la fabrication de l'iPhone après une formation, décrit un "cauchemar".

L'odeur "sentant la sueur" des locaux, les cafards sortant des draps sales distribués aux salariés hébergés sur place par le sous-traitant, des locaux de recrutement pleins de détritus... Les mauvaises conditions de vie chez Foxconn ne se limitent pas à leur aspect matériel puisque les salariés sont obligés de signer un formulaire où ils acceptent les risques de "pollution toxique" et doivent se soumettre à 70 procédures de punition. "Pour leur bien", selon un formateur sur place de Foxconn.

Apple, qui jouit d'une excellente image dans les milieux financiers et surtout auprès de ses millions de clients dans le monde, se vante également de respecter les normes les plus strictes en matière d'environnement. Mais les coulisses (in)humaines de son business risquent-elles à terme de discréditer l'entreprise ou alors ses adorateurs continueront-ils d'acheter ses bijoux technologiques comme si de rien n'était ?

Tunis-Hebdo, le 30 septembre 2012

(1) Suicides à la chaîne chez Foxconn (Libération) http://www.liberation.fr/economie/0101639157-suicides-a-la-chaine-chez-le-geant-foxconn


(2) Au moins dix morts après les émeutes Foxconn (Mac4Ever) http://www.mac4ever.com/news/73143/au_moins_10_morts_apres_les_emeutes_foxconn/

(3) Apple : les usines Foxconn emploieraient de force des étudiants pour produire l'iPhone 5 (Le Monde) http://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/09/11/apple-les-usines-foxconn-emploieraient-de-force-des-etudiants-pour-produire-l-iphone-5_1758288_651865.html

(4) iPhone 5 : dans les coulisses de sa fabrication, un reporter infiltré raconte son "cauchemar" à l'usine de Foxconn (Atlantico.fr) http://www.atlantico.fr/decryptage/iphone-5-dans-coulisses-fabrication-reporter-infiltre-raconte-cauchemar-usine-foxconn-482454.html?page=0,0


vendredi 28 septembre 2012

Témoignage poignant de la jeune fille violée par des policiers


La voix étouffée par la douleur, la jeune fille violée par des policiers livre un témoignage poignant dans une vidéo tournée par nos confrères de Jadal.
Le visage caché par l'obscurité pour préserver son anonymat - surtout que certains membres de son entourage ne sont pas au courant de l'affaire, la jeune fille d'une voix tremblotante relate avec précision les péripéties dramatiques de sa terrible mésaventure.
La jeune fille a été arrêtée dans sa voiture avec son fiancé pendant qu'ils discutaient après être rentrés d'un dîner. Elle raconte comment les trois policiers qui ont procédé à leur arrestation ont immédiatement menotté son fiancé et l'ont transféré dans leur voiture sans aucun contrôle d'identité préalable. Dans une tentative claire d'intimidation - et probablement de chantage - les policiers ont demandé à la jeune fille si elle transportait de la drogue ou de l'alcool.
Dans leur voiture de service, les policiers ont commencé à faire des avances à la jeune fille avant que l'un d'eux ne "baisse son pantalon et saisit me tête de force pour lui faire une fellation", raconte la victime lorsqu'elle éclate brusquement en sanglots. Le policier "m'a ensuite posée sur lui pour abuser de moi", continue la victime, noyée dans ses larmes. Le deuxième policier, présent dans le véhicule, a pris le relais pour la violer une autre fois malgré ses supplications.
"J'étais terrorisée... J'avais très très peur", ajoute la jeune fille, "au point où je ne réalisais pas ce qui se passait". "Nous étions dans un endroit désert et j'ai pensé qu'ils allaient me tuer et m'abandonner...".
La jeune fille a été violée une troisième fois dans sa propre voiture par le dernier policier après y avoir été emmenée de force.
Cette affaire de viol qui a eu lieu le 3 septembre dernier a connu une médiatisation tardive, mais salutaire grâce à l'action des avocats de la victime et de la société civile.
Une manifestation de soutien à la jeune fille est prévue samedi 29 septembre à 14h à la place des droits de l'homme, avenue Mohamed V. Un rassemblement est également prévu le 2 octobre devant le tribunal de première instance de Tunis pour soutenir la victime et son fiancé qui rencontreront de nouveau le juge d'instruction.

Webdo, le 28 septembre 2012

mercredi 26 septembre 2012

Gaz de schiste en Tunisie : le scandale


La polémique suscitée par les projets de Shell d’extraction de gaz de schiste en Tunisie est en train de se transformer en scandale national.
Le gaz de schiste est un gaz d’origine naturelle piégé dans des roches poreuses (les schistes).
Le terme désigne à la fois la ressource naturelle et la technique non-conventionnelle utilisée pour l’extraire qui consiste à “injecter en grande quantité et à haute pression un liquide constitué d’eau, de produits chimiques et de sable”.
Les risques liés au gaz de schiste sont non maîtrisables et leurs conséquences inconnues à moyen terme. Malgré la controverse scientifique, les risques sont nombreux et considérables pour l’environnement et la santé. Ils sont d’ores et déjà observables dans les régions du monde qui exploitent le gaz de schiste. La technique en elle-même provoque des risques sismiques. Elle consomme aussi beaucoup d’eau d’où une menace pour les ressources hydrauliques dans un contexte global de rareté. Enfin, les produits chimiques injectés dans la roche sont toxiques et potentiellement cancérigènes et leur infiltration dans la nappe phréatique risque de contaminer l’eau que nous consommons. Ce qui représente donc un risque majeur pour notre santé.
Aujourd’hui le recours au gaz de schiste fait débat et divise le monde industrialisé. Face à cette technique à haut risque, le monde est partagé. En Europe, la France est à la tête des pays qui se sont déjà prononcés contre le gaz de schiste, interdit par une loi, en 2011, promulguée suite à d’énormes mobilisations populaires malgré le haut potentiel du sous-sol français et les besoins énergétiques importants de ce pays qui ne produit ni gaz, ni pétrole.
Outre-Atlantique la problématique est différente. Aux États-Unis, et dans une moindre mesure au Canada, l’exploitation du gaz de schiste est courante et profite déjà largement à l’industrie. Pour des raisons économiques (baisse du coût du gaz), mais également stratégiques, puisque le gaz de schiste représente 45% des approvisionnements gaziers des États-Unis. Cette nouvelle énergie est considérée comme une manne énergétique en mesure de répondre aux besoins sans cesse croissants des pays industrialisés. Cependant, face aux risques croissants observés, certains pays font marche arrière, comme le Québec qui vient de déclarer un moratoire sur l’exploration et l’exploitation du gaz de schiste.
En Tunisie, le gouvernement ne semble pas s’inquiéter outre mesure des dangers du gaz de schiste. Et il vient de conclure, en toute discrétion, un accord de principe avec l’anglo-néerlandais Shell prévoyant l’exploration en 2013 du gaz de schiste dans 4 régions du pays (Kairouan, Sousse, El Jem et Sfax Nord). Le ministre de l’Industrie, Mohamed Lamine Chakhari, très enthousiaste à l’idée, n’a cessé de minimiser ses conséquences fâcheuses, et s’est même félicité des “négociations avancées” avec Shell “qui seront concrétisées par une signature prochaine”. Le principal argument du ministre est économique qui prétexte de l’épuisement de nos ressources en gaz et de l’envolée des coûts de l’énergie dans le monde.
On est en droit de s’interroger sur le zèle produit par le ministre de l’Industrie et son administration (la direction générale de l’énergie), qui s’évertuent à défendre becs et ongles le projet “gaz de schiste”, quotidiennement dans les médias. Dans ce domaine ils ont fait mieux que Shell lui-même dont les responsables ont été plutôt discrets sur cette affaire.
Les arguments de M. Chakhari et les errements du gouvernement dans ce dossier sont plutôt suspects et laissent planer un épais mystère sur une affaire du gaz de schiste en Tunisie qui vire au scandale national.
  • L’accord conclu avec Shell l’a été en catimini. Et aucun débat public n’a eu lieu sur le gaz de schiste et ses risques potentiels. En ajoutant que, contrairement aux pays qui utilisent déjà cette technologie, aucun cadre légal et institutionnel n’existe en Tunisie pour encadrer l’exploration, l’exploitation et les conséquences du gaz de schiste et éventuellement minimiser leurs risques. A titre d’exemple, les États-Unis disposent d’un arsenal juridique important et d’une puissante administration de l’énergie pour gérer la problématique du gaz de schiste et ses risques environnementaux et humains.
  • Alors pourquoi ce choix stratégique précipité ? Décidé sans débat public et en l’absence des préalables nécessaires : formation des administrations concernées (ministère de l’Environnement, Entreprise tunisienne des activités pétrolières - Etap, direction générale de l’énergie), cadre juridique et fiscal ?
  • Et pourquoi se précipiter sur cette bombe à retardement alors que la Tunisie est déjà engagée dans un grand projet de production de gaz par des méthodes conventionnelles qui pourrait garantir au pays son autosuffisance en gaz ? Contrairement aux affirmations de M. Chakhari sur l’épuisement prochain de nos ressources en gaz. Ce projet a été lancé dans le Sud tunisien et associe l’Etap, l’Autrichien OMV et l’italien Eni.
  • L’affaire du gaz de schiste a déjà fait des remous. Le directeur de l’exploration de l’ETAP (représentant des intérêts nationaux dans l’énergie et partie prenante dans les projets d’exploration) a déjà démissionné en guise de protestation contre les projets du gouvernement dans le gaz de schiste. Démission reconnue par PDG de l’Etap en personne dans le journal Al Mousawer du 24 septembre 2012. Depuis, et selon nos informations, Shell fait du forcing et négocie directement avec le service juridique de l’Etap pour faire avancer le dossier alors que ce dernier n’a aucune compétence en la matière.
  • Et si le gouvernement veut vraiment développer le gaz de schiste en Tunisie, pourquoi ne pas ouvrir le marché aux autres opérateurs au lieu de négocier secrètement avec Shell ? La démarche atypique du gouvernement donne l’impression qu’il veut réserver rapidement l’exclusivité de l’exploitation du gaz de schiste à la multinationale anglo-néerlandaise.
  • Dernières révélations sur cette affaire, celles du PDG de l’Etap qui, dans une tentative de minimiser les dangers du gaz de schiste, a déclaré que cette technique a déjà été utilisée en Tunisie et qu’il n’est pas au courant de ses dangers potentiels. Déclaration immédiatement démentie par la représentante du ministère de l’Environnement qui affirme n’avoir accordé aucune autorisation de forage pour le gaz de schiste.
La société civile n’est pas restée les bras croisés face au scandale du gaz de schiste. L’association tunisienne de la transparence dans l’énergie et les mines (ATTEM) est montée au créneau pourdénoncer cette “manipulation” et exige du gouvernement des “explications” sur sa démarche improvisée et “l’absence de cadre juridique et fiscal”. Pour l’ATTEM la gestion par le gouvernement l’affaire du gaz de schiste n’est qu’un dysfonctionnement parmi d’autres dans le secteur éminemment stratégique de l’énergie et des mines. L’association veut aller plus loin et demande une “restructuration du secteur” et un “dialogue sérieux sur ses choix stratégiques” qui passent inéluctablement par le “traitement des dossiers de corruption dans le secteur” et l’instauration de “la transparence” et des règles de “bonne gouvernance”.
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Crédit photo : AFP - Le Monde
Webdo, le 26 septembre 2012

lundi 24 septembre 2012

Tablettes : vers la fin du PC ?


“Inutile !”. “Encore un iGadget !”. “Ce n’est qu’un gros iPhone !” Les critiques, et parfois les moqueries, ont fusé à l’annonce par Steve Jobs, le 27 janvier 2010, du lancement de l’iPad, la nouvelle iCuriosité d’Apple.

Comme à l’accoutumée, la vision de Jobs s’est rapidement concrétisée. Et de quelle manière ! Puisque un peu plus de 2 ans plus tard, Apple a vendu 84 millions d’iPad dans le monde et écrase le marché des tablettes avec ses 68% de parts de marché (1), très loin devant le pourtant redoutable Samsung, son concurrent le plus sérieux.

Autre chiffre saisissant. Apple a vendu entre avril et juin 2012, 17 millions d’iPad soit plus de tablettes que de Macs (ordinateurs de bureau et portables confondus). Et le marché mondial des tablettes a cru de 66% entre 2011 et 2012. Preuve que les tablettes se vendent de mieux en mieux et plus que les PC.

Les ravages des tablettes dans le marché des PC ne s’arrêtent pas là. Puisque Asus, l’inventeur du notebook (petit ordinateur portable de poche) vient de décider l’arrêt de la fabrication de son modèle précurseur, le Eee PC (2). Et à chaque fois qu’une tablette se vend c’est un PC qui ne se vendra plus. HP, leader mondial du PC, l’a appris à ses dépends en essuyant 9 milliards de dollars de pertes à cause du ralentissement du marché du PC (3), dont les ventes chutent ou stagnent depuis 7 semestres consécutifs.

La tablette sera-t-elle donc le nouveau PC ? En tout cas les chiffres montrent qu’elle représente une alternative sérieuse au bon vieux PC qui perd dangereusement du terrain.

Le succès phénoménal de l'iPad, pourtant cher et seul modèle au catalogue d’Apple, est emblématique de ce switch technologique vers cet écran, léger et dépourvu de clavier physique. Une hérésie encore pour beaucoup comme l’a été le smartphone il y a quelques années pour ceux qui, à l’instar de Steve Balmer le PDG de Microsoft, ne pensaient jamais pouvoir se servir d’un téléphone dépourvu de touches.

On comprend mieux cet engouement frénétique pour la tablette lorsqu’on sait que plus de 90% de l’activité humaine sur un ordinateur consiste à faire du traitement de textes et surfer sur Internet. La tablette se positionne donc comme l’outil idéal pour plupart des utilisateurs surtout avec l’explosion planétaire des réseaux sociaux qui créent de plus en plus le besoin de disposer d’un terminal mobile pour rester connecté à la planète.

Autres atouts de taille de la tablette, la portabilité, l’autonomie et l’interaction. Mieux qu’un PC qu’on doit généralement traîner dans une sacoche dédiée, la tablette est peu encombrante. Mince et relativement légère (moins d’1 cm et pas plus de 600 Gr pour un iPad 2), elle se glisse facilement au fond d’un sac et peut être tenue d’une seule main. Idéal pour la navigation et les discussions instantanées.

L’autonomie d’une tablette est son autre point fort. Elle culmine à 10h pour les modèles les plus performants. De quoi surfer, regarder des vidéos, écouter de la musique et lire des livres sans se soucier de la nécessité de recharger la batterie.

Enfin, la qualité de l’interaction de l’utilisateur avec une tablette est inégalable. Tout se gère avec les doigts. Et on passe du GUI (Graphical User Interface) au NUI (Natural User Interface). Les gestes intuitifs de la main remplacent les clics de l’habituelle souris.

Le succès des tablettes suscite l’intérêt au-delà de l’usage domestique qu’en fait l’utilisateur moyen. Aujourd’hui le marché de l’éducation voit dans la tablette - et la riche offre d’application éducatives et universitaires qui l’accompagne - l’outil pédagogique idéal. Ecoles et universités n’hésitent plus à offrir ce terminal à leurs élèves et étudiants. Tendance confirmée par une récente étude (4) qui constate l’invasion de l’iPad, en passe de chasser le PC de ce marché juteux.

Alors la tablette est-elle l’avenir du PC ? En tout cas, les département R&D des constructeurs se creusent les méninges pour accompagner au plus vite ce switch technologique, avec le moins de dégâts possibles dans leurs bilans comptables.

Tunis-Hebdo, Webdo, le 24 septembre 2012

(1) “Tablettes tactiles : l’iPad d’Apple écrase toujours la concurrence”. PCinpact

(2) “Asus arrête sa gamme d’Eee PC”. 01Net

(3) “La baisse des ventes de PC fait perdre 9 milliards de dollars à HP”. 01Net

(4) “L'iPad fait très mal aux ventes de PC dans le marché de l'éducation”. Macbidouille

mardi 18 septembre 2012

Petits jeux en famille chez les Karoui


Néjib Karoui. Jusque-là ce nom anodin ne disait pas grand-chose à la plupart des Tunisiens avant ce fameux dîner "humanitaire" qui a réuni sous une tente à Sousse un aréopage de caciques RCDistes dont Hamed Karoui, premier ministre de Ben Ali durant 10 ans et accessoirement le père de Néjib, Hédi Baccouche le rédacteur du manifeste du 7 novembre et éphémère premier ministre lui aussi de Ben Ali, des membres du gouvernement et leur chef, Hamadi Jebali, des hommes d'affaires ainsi que des constituants d'Ennahdha et même du parti Al Moubadra de Kamel Morjane, l'un des derniers ministres de Ben Ali.
Ce dîner pour le moins hétéroclite a immédiatement fait couler des tonnes d'encre ce qui a obligé N. Karoui de monter au créneau pour se défendre et lui a offert une ouverture médiatique inespérée.
Néjib Karoui balance !
La particularité de Néjib Karoui est qu'il parle, beaucoup et souvent sans indiscrétion. Après s'être défendu de tout calcul politique en arguant du fait que le dîner était organisé à but uniquement humanitaire pour récolter des fonds pour son association caritative "islamique", N. Karoui revient avec abondance sur sa jeunesse "islamiste", étalant son parcours "militant" dans les années 80 au sein de la tendance islamiste qui a donné naissance plus tard au mouvement Ennahdha. Tout en revendiquant son appartenance à la mouvance islamique et des amitiés solides avec la plupart des dirigeants actuels d'Ennahdha au pouvoir, N. Karoui se démarque d'Ennahdha et de sa politique qu'il critique ouvertement se disant ne pas appartenir à ce parti et se permettant même de l'accuser de considérer la Tunisie comme un "butin de guerre" (ghanima). Dans le même temps, N. Karoui s'enorgueillit de sa proximité du chef de gouvernement, Hamadi Jebali, dont il est le médecin personnel.
Ces déclarations n'empêchent pas de jeter le doute sur les véritables objectifs du fameux dîner de Sousse. Car on voit mal tout ce beau monde s'être retrouvé par hasard sous la même tente uniquement pour soutenir une œuvre caritative. Le lien est rapidement établi avec ce qui s'apparenterait à des manœuvres politiciennes du père Karoui dans le Sahel.
La stratégie RCDiste d’Ennahdha au Sahel
Hamed Karoui, qu'on dit être le conseiller personnel de Hamadi Jebali et son coach en communication, en bon loup politique qui ne peut demeurer en dehors de la scène, aiderait Ennahdha à se constituer un foyer électoral au Sahel pour contrebalancer une défaite aux élections plus que probable dans le bassin minier et certaines régions du centre et du nord-ouest. Ce qui a également le don d'évincer Nidaa Tounes de cet important district électoral. H. Karoui chercherait donc à créer un "front de soutien à Ennahdha" en mobilisant l'ex-RCD, appuyé financièrement par certains hommes d'affaires, et pourquoi pas aussi le "nouveau RCD" de Kamel Morjane qui peine à trouver ces repères dans ce paysage politique tunisien mouvant. La récente rencontre entre Béji Caied Essebsi et Morjane viserait à maintenir ce dernier dans le giron de Béji et l'éloigner des appétits mauve-bleu de H. Karoui.
Grâce à ce dîner, Néjib vient en aide à Hamed pour réunir tout ce beau monde au service du projet de son père et en fidélité à ses amours idéologiques qui marquent encore son parcours et ses projets personnels.
Lutte de clans à Ennahdha au grand jour
L'hyperactivité de Néjib Karoui ne s'arrête pas au soutien aux vieux amis de sa jeunesse islamiste dorée. Son amitié (intime ?) pour Hamadi Jebali l'a autorisé à commettre des déclarations fracassantes sur la cuisine interne d'Ennahdha qui mettent au jour les luttes de clan au sein du parti et raisonnent comme une mise en garde aux modérés et leur chef Abdellatif Mekki (actuel ministre de la Santé) vilipendé dans les déclarions de N. Karoui qui le traite de "futur dictateur" et l'accuse de vouer une haine viscérale à Hamadi Jebali. Est-ce une véritable démonstration de force du clan Jebali ou serait-ce simplement une manœuvre dilatoire pour détourner l'attention de l'opinion sur les ratages en série d'Ennahdha et de son équipe au pouvoir ?
Hamed Karoui : Monsieur Propre et messages subliminaux
Le père Karoui n'est pas en reste puisqu'il y est allé lui aussi de son interview-événement sur Mosaïque FM. Tout en affirmant sa fierté d’être un destourien qui a construit la Tunisie moderne, H. Karoui lave plus blanc que blanc son passé politique compromettant avec la dictature de Ben Ali. Et surtout il lance des fleurs à Ennahdha, dit au passage tout le respect qu’il porte à Hamadi Jbali et rappelle ses efforts auprès de Ben Ali pour la légalisation du parti islamiste. Après cette opération de reconditionnement médiatique, le “produit” Hamed Karoui ressort dans un emballage neuf dans la peau d’un grand patriote aux yeux de l’opinion publique. Il lance aussi un message subliminal à Ennahdha qu’il est digne de la confiance des nouveaux maîtres du pays qui pourront compter sur lui pour réaliser leurs desseins.
Les dernières déclarations sulfureuses des Karoui père et fils révèlent la stratégie d'Ennahdha et les dessous des luttes internes qui animent déjà les clans au sein du parti islamiste au pouvoir. Elles confirment, encore plus, l’alliance sacrée entre un certain RCD, bâtisseur de dictature, au service du nouveau pouvoir, bien parti pour reconstruire sur les amas du défunt RCD, une nouvelle dictature bien plus féroce.
Webdo, le 18 septembre 2012

lundi 17 septembre 2012

Clinton a appelé Marzouki pour sauver l’ambassadeur américain


Selon le site web du magazine américain Time, Hillary Clinton a appelé personnellement Moncef Marzouki pour lui demander d'assurer la sécurité de l'ambassade et du personnel diplomatique américains. Suite à cet appel de la secrétaire d'état américaine, "des centaines de membres de la garde présidentielle très bien armés" ont été envoyés sur le champ de bataille selon le journal. Leur intervention a été décisive dans le sauvetage du staff de l'ambassade américaine.
Ce soir Adnen Mnassar, le porte-parole de la Présidence de la République, intervenant dans un débat sur la chaîne nationale de télévision Watanya 1, a confirmé que l'intervention de la garde présidentielle a évité "une catastrophe au pays". Mnassar avait confié cette crainte à Time : "Nous avions très peur de l'éventualité qu'il se passe quelque chose de similaire à ce qui s'est passé à Benghazi".
Les déclarations de Mnassar apportent du crédit à certaines indiscrétions selon lesquelles la garde présidentielle a exfiltré l'ambassadeur américain et ses collaborateurs évitant ainsi un scénario similaire à celui vécu en Libye.

Webdo, le 17 septembre 2012

Abou Yadh (ou son fantôme) : Catch Me If You Can !


Seifallah Ben Hassine, alias Abou Yadh, est l'homme le plus recherché de Tunisie depuis 48h. À moins que ça ne soit son fantôme. Le chef d'Ansar Achariaa, les salafistes djihadistes made in Tunisia, nargue la police tunisienne au grand bonheur de ses troupes toutes excitées par leurs prouesses de Ghazouet Al Safara (la conquête de l'ambassade).
Hier après-midi, radios et réseaux sociaux rapportent la présence d'Abou Yadh au cimetière d'El Jallaz à l’enterrement de l'un de ses condisciples tombés l'avant-veille devant l'ambassade américaine, au nez et à la barbe des supers flics de Lâarayadh. Plusieurs dépêches d'infos et tweets plus tard, il s'avère que c'était un écran de fumée.
Le correspondant de Webdo alerté par Twitter qui annonce une déclaration du fugitif vers 15h30, se précipite sur place et filme l'ambiance.
La AbouYadhmania recommence ! Un live streaming (diffusion en direct via Internet) le montre dans le fief salafiste de la mosquée Al Fath de Tunis, haranguant ses partisans surexcités, clamant son innocence dans l'attaque de l'ambassade et se permettant même le luxe de demander sa démission à Lâarayadh !
Sur Twitter, les gazouillis fusent ! L’ordre tombe d’arrêter le barbu selon David Thompson, correspondant de France 24 à Tunis. “Mais pas de confirmation officielle”. On croit au dénouement. Ou est Abou Yadh ? À l'intérieur protégé par ses fidèles ? Ou exfiltré en douce par la porte de derrière ? Mystère et boule de gomme !
La police encercle les lieux avec la ferme intention d'arrêter l’ennemi public n°1 des Tunisiens. Ordres, contre-ordres, on ne sait plus ce que veut la police. La brigade anti-terroriste, la fameuse Bat, débarque. Une négociation est entamée entre un haut gradé et des salafistes qui pointent sur le toit de la mosquée. Cinq minutes plus tard, ordre est donné aux policiers d’opérer une retraite et de s’éloigner de la mosquée. Un peu plus tard le même haut-parleur raisonne dans le ciel de Tunis pour sommer salafistes et badauds d’évacuer.
Cris de joie et accolade entre “frères” salafistes.
Épilogue. On dit Abou Yadh évaporé dans la foule sous un niqab, portant des Reebook. Le top du raffinement pour un salafiste pourfendeur de l'Occident mécréant.
Fin de l'épisode. Demain où sera Abu Yadh ?
Webdo, le 17 septembre 2012

samedi 15 septembre 2012

À qui profite l’attaque de l’ambassade des États-Unis ?


Au départ la manifestation se voulait pacifique contre un obscur film "portant atteinte au prophète Mohamed".
À l'arrivée ce fut une attaque systématique et organisée contre l'ambassade des États-Unis à Tunis “dans un véritable décor de guerre digne des affrontements entre Israéliens et Palestiniens” selon les mots de Zouhair El Jis le journaliste de la radio privée Express FM présent sur place tout au long des événements.
La manifestation est partie de la mosquée El Fath à Tunis, un important foyer salafiste. Près d’un millier de manifestants arborant la bannière noire d’attawhid, symbole fétiche d’Al Qaida, se sont dirigés à pied, comme aux temps anciens, vers l’ambassade des États-Unis. Fait saisissant, des hauts gradés de la police et des forces spéciales identifiables grâce à leurs tenues particulières encadraient la marche et ont même arrêté la circulation pendant de longues minutes au niveau du croisement Mohamed V-Hôtel Abou Nawas pour laisser passer le cortège.
Beaucoup d’interrogations émergent pour tenter de comprendre ce qui s’est passé.
La police, et à un degré moindre l’armée, ont-ils laissé faire, étaient-ils mal préparés ou sont-ils tout simplement incompétents ?
On se demande, dans le contexte international de la manifestation (diplomates américains tués en Libye, violences en Égypte dans le périmètre de l’ambassade américaine, montée de la colère dans tout le monde musulman) pourquoi le ministère de l’Intérieur n’a pas voulu canaliser la manifestation à son départ, dans un périmètre lui permettant de la gérer plus facilement.
Autre aberration. Sachant que l’ambassade américaine était potentiellement visée, pourquoi trois de ses façades n’étaient pas gardées, la police préférant se masser devant l’entrée principale du bâtiment. De plus, cette forteresse réputée infranchissable a été relativement facilement envahie par les manifestants qui ont tout aussi facilement remplacé le drapeau américain, qu’ils ont brûlé, par leur bannière noire et incendié les locaux techniques de l’ambassade et plus d’une trentaine de voitures garées à l’intérieur. Même la piscine et la salle de sport du compound ont été saccagées.
Selon Z. El Jis, la police a reculé à maintes reprises devant les multiples prises d’assaut de l’ambassade des manifestants. El Jis, commentant en direct ces curieuses manoeuvres des forces de l’ordre, s’exclamait, ébahi, à plusieurs reprises, de cette “mascarade !”.
Mieux encore, Riadh Hammiun blogueur qui rôdait dans les environs a aperçu des pilleurs transporter leur butin passer tranquillement devant les policiers et un manifestant lui a montré une vidéo où il a escaladé un char de l’armée en affirmant qu’il a même pris son arme à un soldat apeuré ! Ce manifestant révèle aussi à R. Hammi que beaucoup de manifestants venaient de Kairouan, “entre autres des groupes d’Ennahdha”.
Il semble également selon Benoît Delmas, journaliste français basé en Tunisie pour Courrier International, que les policiers ont refusé de rencontrer leur ministre après la fin des hostilités. Et que les chefs de la police sur place ont dû se débrouiller seuls en l’absence de directive de leur patron. Est-ce le signe d’une incompétence de l’état-major du MI ou une manoeuvre délibérée pour laisser pourrir la situation ? Dans ce cas pourquoi ? Et au profit de qui ?
Manifestation “pacifique” qui a dégénéré ou attaque préméditée ?
Venons-en maintenant aux salafistes. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils étaient particulièrement organisés. Ce qui laisse croire que cette manifestation a été soigneusement préparée et son issue programmée. En effet, des pick-up ont été vus transportant des manifestants se replier sur l’Aouina à la fin des événements. Et toujours selon B. Delmas, qui parle de “guérillas”, des meneurs de la manifestation donnaient à des “adolescents” casse-croûtes et argent et des “petits groupes d’ados” étaient “dirigés par un adulte” qui leur fournissait slogans et... pierres ! Des adolescents utilisés comme “des boucliers par les chefs”.
Mieux encore, des femmes aidaient à fabriquer les cocktails Molotov qui ont servi à attaquer l’ambassade, d’après Z. El Jis, le journaliste d’Express FM. Et des manifestants ont même utilisé des escabeaux pour franchir l’un des murs de l’ambassade ! Un article de Webdo parle aussi de voitures qui fournissaient aux pillards de l’École américaine, du lait en guise d’antidote au gaz lacrymogène.
Théorie du complot ?
Sur Twitter la situation était suivie minute par minute grâce notamment à des internautes sur place qui twittaient en temps réel le cours des événements et des journalistes étrangers (surtout français) basés en Tunisie, membres également de la twittosphère tunisienne (communauté tunisienne de Twitter).
Les tweeples (utilisateurs de Twitter) ne comprenaient pas très bien ce qui se passait. Mais le plan fixe et exclusif d’Al Jazeera Mubasher (la chaîne live d’Al Jazeera) sur les affrontements entre police et manifestants a interpellé des tweeples influents qui ont partagé l’idée selon laquelle il s’agissait d’une “manipulation de l'opinion pure et dure”. Sarah M s’interroge. “Déjà qu’en temps normal, c’est pratiquement impossible d'entrer dans le compound, mais avec des flics devant...”. Et ajoute : “ye5i normal que la police quitte les lieux et laisse faire avant de revenir ? Et que Al Jazeera livestream tout ça tranquillement ?”. Pour elle : “ou bien t'as une police et une armée complètement incompétentes. Ou bien quelqu'un a intérêt à ce que ça barde”.
Slim Amamou, internaute connu et éphémère secrétaire d’État dans le gouvernement Ghannouchi, y est même allé de sa propre théorie en avançant un complot des républicains américains qui “contrôlent les salafistes via l’Arabie Saoudite” dans le but de “mettre Obama dans l’embarras” à l’approche des élections présidentielles de novembre prochain.
“Innocence des musulmans”
À l’origine de cette vague dramatique de violences qui embrase le monde arabo-musulman depuis quelques jours et plus particulièrement les pays du “printemps arabe”, un film entouré de mystère que, de surcroît, personne ne semble avoir vu.
“Innocence des musulmans” est ce qu’on pourrait qualifier de série Z, “une œuvre cinématographique à bon marché et/ou de mauvaise qualité” selon Wikipédia. Des extraits de bande-annonce sur YouTube montrent celui qui est supposé être le prophète Mohamed dans des situations cocasses et le dépeignent sous les traits d’un personnage ridicule.
Sauf qu’il paraît que ce film n’en est pas vraiment un ! Outre qu’on ne connaît pas à ce jour avec certitude l’identité de son producteur et de son réalisateur, sa principale actrice affirme qu’elle n’a jamais joué dans un film sur Mohamed, mais qu’elle a participé à un casting pour un film sur “l’Égypte il y a 2000 ans”. Pour confirmer ses affirmations, les dialogues du film et le mouvement des lèvres des acteurs ne concordent pas et les dialogues semblent avoir été changés en post-production. Des acteurs du film ont déjà publié un communiqué où ils disent avoir été floués par la production et affirment n’avoir jamais participé à un film sur le prophète de l’Islam.
Un film fantôme utilisé comme un moyen de manipulation des masses musulmanes ? Des manifestants pacifiques qui se transforment en combattants de Dieu ? Des forces de l’ordre désorganisées ou complices ?... À qui profite le crime ?

Webdo, le 15 septembre 2012

mercredi 12 septembre 2012

iPhone 5 : «Le plus beau produit Apple jamais créé !»


Après des mois de rumeurs (fortuites ou savamment entretenues par Apple ?) et d'une excitation qui a atteint son comble ces dernières semaines, l'iPhone 5 voit le jour plus de deux années après son prédécesseur le 4s, dernière mise à jour majeure du produit phare de la plus grosse entreprise Hi-Tech au monde.
L'attente des aficionados de la marque à la pomme n'a pas été vaine puisque l'iPhone 5 est plus beau. "Le plus beau produit Apple jamais créé" dixit Phil Schiller le patron du marketing de la firme monté sur la fameuse scène noire pour présenter les performances impressionnantes de ce joyau tant fantasmé et toujours imité mais jamais (au plus jamais) égalé, trônant sur un élégant support métallique au milieu de la scène.
L'iphone 5 est similaire à celui qui a été annoncé par la rumeur. Tout en gardant le look bi-matière verre et aluminium, il est le plus fin et le plus léger jamais construit : 18% plus fin et 20% plus léger que le 4s. De quoi ravir les plus macmaniaques des utilisateurs, adeptes de la pureté du style Apple. Ceci ne l'empêche pas d'être plus grand avec un écran 4 pouces - pour une même largeur que le 4s - lui permettant de gagner une rangée d’icônes supplémentaires. Plus vif, il affiche 44% de couleurs en plus. Plus précis, il a une bien meilleure définition de 1136 x 640 à 326 ppi.
La "bête" est aussi deux fois plus rapide grâce à une puce A6, 22% plus petite. Donc une meilleure autonomie de la batterie qui fera le bonheur des accros des réseaux sociaux et des nomades de l'Internet mobile, particulièrement gourmands en énergie. Ces derniers seront servis avec le support par l’iPhone 5 de la 4G LTE, le réseau cellulaire le plus rapide au monde (jusqu'à 100 Mbps).
Côté attributs matériels arrive la tant attendue nouvelle caméra à 8 Mégapixels (jusqu’à 28 mégapixels avec le mode Panorama). Des vidéos HD en 1080p et 40% plus rapide pour prendre des photos. Elle débarque avec un meilleur système pour les filtres et un mode dynamique pour les basses lumières.
Autre nouveauté de la nouvelle caméra, une fonctionnalité étonnante qui permet de prendre des photos pendant que l’on filme !
Chapitre audio, Apple a rajouté un troisième micro pour améliorer la qualité audio, notamment celle de la reconnaissance vocale.
L’iPhone 5 sera disponible en noir et en blanc au même prix que le 4s en pré-commande dans 2 jours aux Etats-Unis et commercialisé à partir du 21 octobre dans le reste du monde.
L’iPhone 5 arrive aussi avec une grosse mise à jour logicielle : iOS 6.
iOS 6 est une mise à jour majeure du système d’exploitation de l’iPhone qui consacre l’abandon de quelques technologies Google souvent remplacées par des applications natives conçues par Apple. Le premier à en faire les frais est Google Maps, éjecté au profit de Plans. Au menu : des cartes plus grandes, GPS, intégration Siri et surtout 3D !
IOS 6 apporte avec lui également Passbook, une sorte de ticket électronique permettant de réserver spectacles, places dans des cinémas, sièges d’avion, événements sportifs et musicaux, restaurants. Une fonctionnalité extrêmement intéressante mais dont on ne sait pas si elle sera utilisable en Tunisie. Egalement au menu des nouveautés d’iOS 6 : un sérieux lifting de l’interface d’iTunes et une intégration d’iCloud qui permet de commencer la lecture d’un morceau de musique ou d’un film sur un terminal (iPhone, iPad, Mac ou PC) pour la finir sur un autre !
iOS 6 sera disponible en téléchargement le 19 septembre.
Accessoirement, Apple sort de nouveaux iPod Nano plus fins, plus grands, avec un écran Retina, une puce FM pour écouter la radio et 30 heures d’autonomie. Et un nouvel iPod Touch, la console de jeu portable d’Apple, avec de meilleurs graphismes, une meilleure caméra et jusqu’à 40 heure d’autonomie. Pour finir, Apple a même inventé un nouvel écouteur, EarPod, à la forme originale après avoir analysé des centaines d’oreilles
La keynote a permis à Apple de faire étalage de sa force économique qui fait d’elle l’une des entreprises la plus importantes au monde. 62% du marché des tablettes avec son iPad soit au total 84 millions d’iPad vendus et 17 millions entre avril et juin, c'est-à-dire plus de tablettes que de Macs. Ce qui la fait entrer de plain pied dans l’ère “post-PC”. Au total, Apple a vendu à ce jour 400 millions de terminaux mobiles (iPhone et iPad), seulement 100 millions de moins qu’Android, sachant qu’il est installé sur beaucoup plus de modèles commercialisés par plusieurs marques.
Webdo, le 12 septembre 2012

mardi 11 septembre 2012

Justice et vérité seront-elles rendues aux blessées du 9 avril ?


Les locaux d'El Massar (la Voie démocratique et sociale) à Tunis ont accueilli ce matin la conférence de presse des blessées de la manifestation du 9 avril dernier qui a connu de graves incidents attribués à la police accusée par certains manifestants de les avoir - délibérément - sauvagement agressés.
La conférence de presse a été organisée à l'initiative de Haïfa ben Abdallah, Raoudha Ben Aïssa, deux militantes d'El Massar et la célèbre blogueuse Fatma Riahi alias Arabbica.
Plusieurs militants politiques, membres de la société civile et même des artistes sont venus apporter leur soutien aux victimes de la répression policière du 9 avril.
Haïfa Ben Abdallah a reçu une bombe lacrymogène dans les jambes tirée à bout portant par un policier pendant qu’elle aidait un manifestant à se relever. Raoudha Ben Aïssa poursuivie par des policiers a chuté et accusé une déchirure des ligaments. Quant à Fatma Riahi, elle a subi une fracture le l'omoplate suite aux coups de matraque de la police de la Dakhilyya (nom tristement célèbre du ministère de l'intérieur tunisien associé au règne oppresseur et liberticide de Ben Ali)
Haïfa Ben Abdallah a pris la parole pour relater sur un ton empreint d'émotion les terribles péripéties de sa mésaventure. Son témoignage a été conforté par celui de Sofiane Bouajila, militant du Parti socialiste de gauche (PSG), qui a déclaré devant les caméras venues couvrir l'événement qu'il a été "blessé à la rue du Caire par un policier qui a directement visé sa jambe" et qu'il a eu "la sensation que la consigne a été donnée à la police pour tirer directement sur les manifestants.”
Me Mohamed Ali Gherib, l'avocat des blessées, a enchaîné en exprimant son désarroi face au déni de justice auquel font face les victimes puisque ni la justice civile ni celle militaire ne veulent inscrire la plainte de ses clientes, se contentant seulement de se renvoyer la balle mutuellement. Il demande "seulement que la loi soit appliquée" et appelle à ne pas politiser une "affaire judiciaire".
Nadia Châabane, constituante et membre de la commission d'enquête parlementaire sur les événements du 9 avril, a pointé les vicissitudes de la commission, accaparée selon elle, par ses membres du bloc d'Ennahdha. Une commission partiale dont le président, Zied Laadhari (Ennahdha), est accusé par N. Châabane d'être "à la fois juge et partie" dans cette affaire qui met en cause directement le gouvernement de la Troïka où Ennahdha est majoritaire. Les membres de la commission du "Bloc démocrate" ont même menacé de quitter la commission où ils sont "dépourvus de prérogatives". N. Châabane fait état également des "lenteurs" de la commission qui a trouvé moult "prétextes" pour "reporter ses réunions" et ainsi "gagner du temps". Selon N. Châabane, le rôle de la société civile a été marginalisé dans cette enquête puisque la commission a refusé de recevoir le témoignage de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH) dont plusieurs dirigeants ont participé à la manifestation du 9 avril et étaient témoins des exactions des forces de l’ordre. Salah Zghidi, militant historique de la LTDH présent à la conférence a stigmatisé le laxisme de la commission d’enquête parlementaire, affirmant avec conviction qu’”il y a une volonté politique de ne pas faire une enquête parlementaire”.
Radhia Nasraoui, venue apporter son soutien aux victimes, est intervenue en sa qualité de présidente de l'Association tunisienne de lutte contre la torture pour dénoncer "l'atteinte flagrante à la loi par la police en ce 9 avril". Elle a rappelé que plusieurs policiers ne portaient pas d'uniformes, contrairement aux usages, et qu’il s'est avéré, suite à l'enquête qu'elle a menée, qu'ils font partie de la milice d'Ennahdha". "Inacceptable !", clame-t-elle avant de réitérer le soutien de son association aux blessés, "prête à aller en justice" pour les défendre.
Comment relancer cette enquête et lever le voile sur une vérité que certains cherchent à étouffer, ou du moins, à faire oublier ?
Abdeljelil Bédoui, vice-président du Massar, est favorable à la création d’un “comité de veille pour ce genre d’affaires”. Essentiel à ses yeux non seulement pour les événements du 9 avril mais aussi pour ceux qui ont eu lieu quelques jours auparavant, le 7 avril, lorsque des sans emploi ont été tabassés par la police en marge d’une manifestation où ils défendaient leur droit au travail. Salah Zghidi va plus loin en réclamant solennellement une “commission d’enquête parallèle” qui regroupe “la société civile, la LTDH et des journalistes” pour faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé le 9 avril.
La conférence s'est achevée dans une ambiance militante chaleureuse avec l'espoir pour les victimes de recouvrir leurs droits et que justice soit faite pour que plus jamais ne surviennent des événements comparables. Une sérieuse menace pour une démocratie tunisienne qui connaît une douloureuse gestation.
Webdo, 11 septembre 2012

dimanche 9 septembre 2012

النهضة: هل هي بداية الدكتاتورية ام بداية النهاية؟


تتضح نوايا النهضة يوما بعد يوم في المحاولة على السيطرة على مفاصل الدولة تحسبا للانتخابات القادمة في نية جلية لقطع الطريق على منافسيها خاصة منهم حركة نداء تونس الناشئة للباجي قائد السبسي و هو الحزب الذي يشهد على ما يبدو إقبالا شعبيا متصاعدا خاصة في ظل التذمر العام من تداعيات الأداء الكارثي للترويكا النهضوية و  تفاقم العنف السلفي المتواتر على المواطنين و على مصالحهم و فنانين و اعضاء من المجتمع المدني.

التوغل النهضوي يتخذ شكل تعيينات مسؤولين نهضويين او تجمعيين سابقين اصبحوا موالين للحزب الحاكم الجديد و يشمل هذا التوغل كل أسلاك الدولة بدون تمييز من وزارات و مؤسسات اجتماعية و اقتصادية و شركات حكومية و ولايات و معتمديات.. بقاسم مشترك هو انعدام الكفائة و مكافئة سجناء نهضويين سابقين على "نظالهم" و انتماء بنفسجي سابق يساعد على التحكم في المنظومة بنفس الأساليب البوليسية لدكتاتورية بن علي.


بالتوازي مع هاذا التوغل الألي يعيش المشهد محاولات بسط النهضة نفوذها على الاعلام أملا في اعادة "بنفسجته" و تدجينه لخدمة النهضة. تعيينات على رأس المؤسسات الإعلامية العمومية و الخاصة التي تمت مصادرة حصص العائلات الفاسدة فيها و التصريح  بوضوح عن التفويت القريب فيها لل"قطاع التنافسي" اي بعبارة أوضح لاشخاص او رجال اعمال موالين للنهضة يقومون بتنفيذ أجندتها الإعلامية قبل الانتخابات.


في ظل هذا التوغل الممنهج يبدو الطريق الحالي للانتخابات أحسنه مفخخ و متوتر لا يعتمد على الحد الأدنى للمقاييس لإجراء انتخابات ديموقراطية و آسوؤه الخيار الاسود اي لا انتخابات اصلا ان تفاقمت نزعة العزوف عن التصويت للنهضة و اصبحت قناعة الحركة انها خاسرة في كل الحالات و هذا معناه ان الحركة ستنساق لمشروع البعض منها بتطبيق سياسة الارض المحروقة و ان لم يكن هذا التوجه في مصلحة الحركة على المدى المتوسط و البعيد فان فرص توخيه يبقى رهن تحرك موازين القوى داخل النهضة كلما اقتربنا من موعد الانتخابات.

و في حالة عدم وقوع الانتخابات و هو امر وارد في ظل الضبابية الراهنة  فسنكون في طريق مفتوح امام انتصاب دكتاتورية من نوع جديد في ثوب ديني اشرس بكثير من دكتاتورية بن علي و ما تحركات السلفيين على الميدان الا صورة لما ينتظر البلاد من وعود دكتاتورية نهضوية قادمة.


في حالة خسارة النهضة المطلقة (خسارة فادحة اي اقل من 30%)  او النسبية (انعدام امكانية تكوين اغلبية)  فان الحركة مرشحة للانقسام الحيني او المؤجل بما ان توجهات الشق المتشدد الذي يرأسه الغنوشي الموهم بانه معتدل يحكم برصانة بين الشقين المتشدد و المعتدل فشلت في نهاية الامر. و الأرجح ان ينشق المعتدلون (الذين يقودهم عبد اللطيف المكي وزير الصحة الحالي و يضم وجوها مثل العريض و الوريمي و ديلو و بدرجة اقل البحيري) الذين يمثلون 40% من  قواعد الحركة في المؤتمر الاخير لتكوين حزب مدني محافظ على طريقة الديموقراطية المسيحية في ايطاليا او المانيا يقبل بشروط اللعبة الديموقراطية و ينخرط فيها كليا دون تحفظ و هاذا ما سينجر عنه تلاشى تدريجي للشق السلفي المتشدد (عتيق، اللوز،المنصف بن سالم، شورو..).

المشهد ضبابي بامتياز و انطباع الكثير من التونسيون ان الأمل الديموقراطي ينطفئ ببطء لفائدة كابوس رجوع دكتاتورية جديدة.