lundi 17 septembre 2012

Abou Yadh (ou son fantôme) : Catch Me If You Can !


Seifallah Ben Hassine, alias Abou Yadh, est l'homme le plus recherché de Tunisie depuis 48h. À moins que ça ne soit son fantôme. Le chef d'Ansar Achariaa, les salafistes djihadistes made in Tunisia, nargue la police tunisienne au grand bonheur de ses troupes toutes excitées par leurs prouesses de Ghazouet Al Safara (la conquête de l'ambassade).
Hier après-midi, radios et réseaux sociaux rapportent la présence d'Abou Yadh au cimetière d'El Jallaz à l’enterrement de l'un de ses condisciples tombés l'avant-veille devant l'ambassade américaine, au nez et à la barbe des supers flics de Lâarayadh. Plusieurs dépêches d'infos et tweets plus tard, il s'avère que c'était un écran de fumée.
Le correspondant de Webdo alerté par Twitter qui annonce une déclaration du fugitif vers 15h30, se précipite sur place et filme l'ambiance.
La AbouYadhmania recommence ! Un live streaming (diffusion en direct via Internet) le montre dans le fief salafiste de la mosquée Al Fath de Tunis, haranguant ses partisans surexcités, clamant son innocence dans l'attaque de l'ambassade et se permettant même le luxe de demander sa démission à Lâarayadh !
Sur Twitter, les gazouillis fusent ! L’ordre tombe d’arrêter le barbu selon David Thompson, correspondant de France 24 à Tunis. “Mais pas de confirmation officielle”. On croit au dénouement. Ou est Abou Yadh ? À l'intérieur protégé par ses fidèles ? Ou exfiltré en douce par la porte de derrière ? Mystère et boule de gomme !
La police encercle les lieux avec la ferme intention d'arrêter l’ennemi public n°1 des Tunisiens. Ordres, contre-ordres, on ne sait plus ce que veut la police. La brigade anti-terroriste, la fameuse Bat, débarque. Une négociation est entamée entre un haut gradé et des salafistes qui pointent sur le toit de la mosquée. Cinq minutes plus tard, ordre est donné aux policiers d’opérer une retraite et de s’éloigner de la mosquée. Un peu plus tard le même haut-parleur raisonne dans le ciel de Tunis pour sommer salafistes et badauds d’évacuer.
Cris de joie et accolade entre “frères” salafistes.
Épilogue. On dit Abou Yadh évaporé dans la foule sous un niqab, portant des Reebook. Le top du raffinement pour un salafiste pourfendeur de l'Occident mécréant.
Fin de l'épisode. Demain où sera Abu Yadh ?
Webdo, le 17 septembre 2012

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