Accéder au contenu principal

Articles

La victoire d'Ennahdha et la défaite du Qotb

Une semaine après le scrutin du 23 octobre, le camp progressiste est dans le désarroi. Choqués, traumatisés, déprimés... ses membres s'interrogent encore sur les raisons d'un phénomène qu'ils n'arrivent toujours pas à expliquer. La victoire d'Ennahdha est une évidence même si nous sommes encore nombreux  aujourd'hui à douter de sa pertinence. Les multiples dépassements constatés par nos militants et enregistrés par des observateurs indépendants avant et pendant la campagne électorale et durant le jour du scrutin sont certes parfois flagrants mais ils n'ont fait qu'amplifier une nette victoire du mouvement islamiste, déjà annoncée depuis des mois par les observateurs. Le score d'Ennahdha est toutefois à relativiser pour plusieurs raisons. Abstentionnisme . Près de la moitié du corps électoral n'a pas participé au vote. Malgré le fait que leur participation était possible même sans inscription. Extrapoler le résultat du scrutin sur ce...

Doctor Abdelfattah et Mister Mourou

Le 6 juin 1981, Abdelfattah Mourou et Rached Ghannouchi fondent le Mouvement de la tendance islamique (MTI) qui allait devenir, en février 1989, le Mouvement Ennahdha. La répression du régime de Ben Ali a réduit au silence les deux dirigeants historiques de l’islamisme tunisien. Ghannouchi a choisi un confortable exil doré à Londres alors que Mourou vaquait à ses affaires d’avocat à Tunis. La révolution tunisienne a sorti les deux hommes de leurs tanières et scellé leurs retrouvailles. Mourou et Ennahdha : je t’aime, moi aussi Depuis le 14 janvier, fidèle au double discours devenu désormais la marque de fabrique d’Ennahdha et de ses dirigeants, Mourou “la bête médiatique” n’a cessé de jouer sur le registre du clair-obscur, entretenant une ambiguïté voulue sur ses rapports avec Ennahdha. Tout en cultivant savamment l’image de l’enfant prodigue rejeté par ses “frères de lait” (1), il affichait ouvertement ses ambitions et celles de son mouvement, à savoir la conquête du ...

La Culture, grande oubliée de la révolution

Sous Ben Ali, la culture était un vaste champ de propagande mauve. Sa seule raison d’être était de glorifier le régime et d’enraciner davantage le culte de la personnalité. Sa seule fonction était de détourner le peuple de ses véritables préoccupations. Le régime de Ben Ali favorisait souvent l’installation d’un erzats de culture destiné à une consommation rapide et instantanée, avalé tel un mauvais sandwitch dans un mauvais fast food que vous mangez faute de mieux pour vous remplir la panse en repartant avec un arrière-goût douteux.  A la télévision - en dehors de quelques émissions volontairement élitistes tout en restant politiquement très correctes - les plateaux étaient envahis par les représentants de la sous-culture, soit-disant populaire. On retrouvait les mêmes à l’occasion des parodies électorales successives pour chanter les louanges de Ben Ali et de ses familles. Dans les festivals, l’animation était assurée par les mêmes larrons, doublés de leur collègues orien...